ESU – Suspension faculté Médecine : les étudiants des universités frappées appellent le Ministre à revenir sur sa circulaire

Kinshasa, le 21 septembre 2021- De l’UCKIN à Bel Campus, en passant par l’USK, l’émotion est la même chez les étudiants en Médecine frappées par la circulaire du ministre de l’ESU. Cette dernière qui interdit le recrutement des étudiants dans des universités, dont la faculté de Médecine est jugée non viable.

Il suffit de s’approcher d’eux pour pouvoir rémarquer cette émotion de peur qui les habite depuis la publication, le 17 septembre dernier, de la décision du Ministre. Une décision décriée par plus d’un, l’accusant de populiste et dont les étudiants en Médecine souhaitent ne plus voir à l’ordre du jour pour raison d’irréalisme qui la caractérise.

En effet, si au niveau de la forme cette décision est réputée non conforme, du fait qu’elle ne fait objet d’aucun arrêté, qui demeure pourtant la seule voie légale à travers laquelle le ministre parle, au niveau du fond, elle est jugée, par les étudiants d’irréaliste surtout suicidaire quant à l’avenir de la jeunesse. D’où, les indignations exprimées par chacun d’eux croisés sur place.

A l’UCKIN, par exemple, une université basée à Kinshasa et qui forme des médecins dans diverses spécialités depuis plus d’une dizaine d’années, à en croire les témoignages, 5 étudiants sur 5 croisés lundi 20 septembre, considèrent la décision du Ministre Muhindo Nzangi d’irréaliste. Estimant que la mesure a tendance à saboter la formation des apprenants en médecine, qui est une fillière dont les inscriptions ne se font qu’en classe débutante.

“(…) Nous en médecine, on inscrit les étudiants qu’en G1 et en D1. Si vous fermez les universités pour cause de non viabilité, ceci revient à dire que je dois encore revenir en G1”, a déploré un étudiant de D1 UCKIN.

Et de se faire compléter par son condisciple Paterne Kikuni, qui a estimé que le Ministre devrait, avant de prendre une telle décision, dépêcher une commission d’inspection afin de s’assurer de la réalité du terrain, et qu’en cas de non viabilité, en ce moment-là, il peut suspendre les facultés concernées en leur interdisant le recrutement d’autres candidats. Ce, en attendant que ceux des classes montantes clôturent leur cursus.

“L’inscription spéciale en médecine c’est tout un processus parce que les inscriptions ne se font qu’en G1 et en D1. Le reste il faut un transfert (…). Moi je pouvais admettre que le Ministre dise qu’on arrête de recruter les gens à la faculté de médecine dans d’autres promotions, et permettre à ceux qui avaient déjà pris l’iscription de pouvoir terminer”, a-t-il proposé.

S’agissant de la capacité d’accueil de 2 universités jugées viables pour la ville de Kinshasa, Marthe Mopepe, étudiante en D1 UCKIN, a estimé que celle-ci constitue un sérieux problème auquel devrait songer le Ministre, avant de signer la circulaire.

“Si le Ministre dit que seules l’UNIKIN et l’UPC doivent organiser les enseignements en Médecine, du point de vue effectif déjà, il se pose un problème de capacité d’accueil au sein de ces universités. Et nous ajouter encore nous qui venons d’ailleurs?”, s’est-elle interrogée. Et d’appeler le ministre à revoir sa décision.

D’une université à une autre, à Bel Campus, le discours est le même dans la bouche des étudiants : “que le Ministre puisse revoir sa décision”.

Perplexe, Popol Bongo, étudiant en D3 sortant croisé à Bel Campus, se demande sur quelle base la désignation des universités viables ou non viables, a été faite. Car pour lui, il existe des universités retenues comme viables, mais qui ne soient pas tout aussi équipées en termes d’infrastructures que Bel Campus.

“Je me demande notre université est non viable par rapport à quoi? (…) Sur base de quel critérium qu’ils disent cette université n’est pas viable? Notre université est reconnue au niveau international. Nous avons même des médecins reconnus comme tel, même au niveau de l’Europe”, a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : “Nous sommes surpris d’apprendre que notre université n’est pas viable. Il y a d’autres universités qui ont été citées comme viables, mais qui, en termes des bâtiments et enseignants qualifiés, ne feront pas face à Bel Campus”.

Pour l’heure, les étudiants ont les yeux braqués sur le ministre et sur les comités de gestion, dans l’espoir d’une suite satisfaisante qui leur permettra de poursuivre leur formation sans inquiétude, surtout avec sérénité.

Manassé DIBWA

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