Élections 2023: “Ça ne sert à rien d’être élu député, nommé ministre si nous perdons le Nord-Kivu” (Muhindo Kasekwa) 

Goma, 16 juillet 2023- Le député national Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa soutient la position de son Président Martin Fayulu sur le processus éctoral en cours en République Démocratique du Congo (RDC).

Depuis Goma où il séjourne, M. Kasekwa reste constant et déterminé à ne pas déposer sa candidature malgré le souhait de la population. Pour lui, les acteurs politiques devraient faire un choix, entre perdre la province du Nord-Kivu et aller aux élections.

A l’en croire, sa candidature ne sera pas déposée aussi longtemps que le Gouvernement congolais ne libère pas les territoires de Rutshuru et Masisi, ne recense pas les populations une fois retournées dans leurs villages d’origine.

A haute voix, il exige l’audit du fichier électoral. Il soutient que ce fichier contient au moins 10 millions d’électeurs fictifs, soit égale à 46% et qui devrait permettre à l’union sacrée de voler les élections de décembre 2023.

“Le Rwanda, les ennemis de l’intégrité territoriale risquent de marquer contre nous. Nous devons faire un choix. Est-ce que notre priorité consiste à être député ? à être Ministre? Lorsque les Rwandais ont fui leur pays en juillet 1994, il y avait des députés au Rwanda, il y avait des ministres au Rwanda, il y avait des PDG , ils se sont retrouvés réfugiés en train de mourir dans les rues de Goma. Ça ne sert à rien d’être élu député, ministre si nous perdons le Nord-Kivu, si nous perdons Goma”, précise-t-il.

Et de poursuivre : “je vais déposer ma candidature lorsque le Gouvernement et la CENI auront répondu à trois conditions. La première c’est la libération de Masisi et Rutshuru, la deuxième c’est le retour des déplacés de Masisi et Rutshuru dans leurs milieux d’origine, la troisième le recensement en faveur de ces populations là, enfin l’audit du fichier électoral qui contient comme celui de 2018 au moins 10 000 000 des fictifs qui représentent 46% de l’électorat , ça veut dire nous voulons aller aux élections de décembre 2023 pendant que l’union sacrée et son jocker ont déjà caché des cartes et on vous demande de venir jouer à un match, à un jeu de cartes. Si ces conditions sont réunies et bien ,je vais déposer ma candidature”, poursuit-il.

Kasekwa regrette la surmulitarisation du Nord-Kivu

Membre de la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale, Muhindo Kasekwa regrette que les territoires de Rutshuru et Masisi sont encore sous occupation des rebelles du M23 alors que la province du Nord-Kivu compte actuellement plus de 40 000 militaires. Il cite notamment les soldats de l’EAC, des FARDC, des Wazalendu, et l’arrivée prochaine des forces de la SADC et d’une unité spéciale de l’Angola.

“Est-ce que c’est possible , nous avons au Nord-Kivu 14 000 militaires sous la MONUSCO, nous avons 5000 militaires de l’EAC, on nous annonce l’arrivée de 1 000 militaires de la SADC, l’arrivée de 500 militaires de l’Angola. Nous avons plus au moins 5000 Wazalendu, nous avons 21 000 FARDC, ça fait au total 47 000 militaires. Comment 47 mille militaires peuvent être incapables de libérer un seul territoire de Rutshuru ? de libérer les 3 groupements contrôlés par le M23 à Masisi sur le 19? Ce n’est pas un problème militaire, c’est un problème d’absence de volonté et l’absence de volonté, le peuple la briser par la mobilisation”, regrette-t-il.

Muhindo pour la pression militaire

Revenant à l’histoire de la province du Nord-Kivu, l’élu de la ville de Goma soutient tout de même la pression militaire pour libérer les zones occupées depuis près d’une année par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda. Pour ce faire, il appelle à la remobilisation des troupes de l’armée congolaise. Il appelle également la classe politique à un cessez-le-feu politique et se concentrer à la libération du Nord-Kivu.

“En 2013, il y avait absence de volonté lorsque le M23 a pris le contrôle de Goma mais la population de Goma a décrété des semaines sans activités, des banques n’ont pas été ouvertes, des manifestations ont commencé et la communauté internationale a voté la résolution pour créer la brigade. Nous avons obligé la brigade par la pression avec la société civile à soutenir les FARDC et Mamadou et Bauma ont conduit les opérations et nous avons gagné le M23. La pression militaire nous a permis que Mutebutsi et Kunda soient chassés de Bukavu, la pression militaire nous a donné tant des victoires , elle a permis que même Kabila ne se présente pas aux élections. La pression militaire a empêché à Mr Tshisekedi d’exécuter son plan de déployer un bataillon des policiers Rwandais à Goma. Cette pression doit être remobilisée aujourd’hui mais il faut un cessez-le-feu politique”, a-t-il renchéri.

Magloire TSONGO

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