Mambasa, 16 Janvier 2025- Ils sont plus de 500 miliciens, qui se sont rendus mercredi 15 janvier 2025, aux autorités congolaises en province de l’Ituri. Ces derniers sont venus avec environ 85 armes légères et des munitions.
L’événement s’est déroulé d’après des sources de la MONUSCO, dans la localité Mabanga, à 45 kilomètres de la ville de Bunia, dans le territoire de Djugu. Le groupe de défense des communautés victimes de l’Ituri, Zaïre, dont sont issus ces combattants, entend ainsi prouver sa volonté de rejoindre le processus de paix en cours dans cette province en proie à l’insécurité depuis plusieurs années.
Parmi les premiers miliciens qui ont déposé leurs armes, Jeanine Matsisi, 40 ans, visiblement fatiguée de cette vie de milicienne et impatiente de retirer son « treillis militaire », indique avoir passé 4 années dans ce groupe d’auto-défense. Elle affirme être partie dans ce groupe pour se venger.
“Mon mari et nos trois enfants avaient été tués par une autre armée. Moi aussi, je voulais tuer la personne qui les avait tués” », affirme-t-elle.
Mais en quatre ans de lutte armée, Jeanine affirme n’avoir pas tué personne. Les atrocités des groupes armés continuent, mais elle déclare avoir fait le choix de la non-violence et de la paix, pour donner une nouvelle orientation à sa vie.
“Notre chef Baraka nous a demandé de déposer les armes, et de remettre tous les effets militaires. Mais, nous ne savons pas les raisons de cette injonction que nous avons reçue de notre chef. Toutefois, je suis contente d’abandonner cette vie, pour me consacrer à la prière, cultiver les champs et élever mes deux enfants qui me restent”
Jeanine fait partie des “combattants” qui ont reçu une formation militaire, mais dont le rôle est d’être les “défenseurs du temple”, ces “réservistes” chargés de défendre les villages en cas d’attaques par d’autres groupes armés.
D’autres, à l’instar de David B. Lombu, 26 ans dont quatre ans dans l’auto-défense, ont réellement pris les armes et combattu au front. Il dit être pour la paix, gage de développement.
“Avant, le processus n’était pas clair, nous trainions les pieds. Aujourd’hui, on y voit un peu clair, nous sommes pour la paix, nous voulons la paix”, dit-il, l’air un peu perdu.
Comme ses autres camarades, David ne manque pas de projets et d’ambitions. Il souhaite se lancer dans l’orpaillage, l’activité qu’il menait avant.
“Dès qu’ils désarment, l’armée/ECVA va leur remettre un certificat de désarmement et d’éligibilité au programme de démobilisation. Ils passent à l’identification et orientation. Nos partenaires des Nations unies, de l’Union européenne et du STAR-EST ont disponibilisé des fonds, qui vont servir à la prise en charge dans la réinsertion des ex-combattants au sein de la communauté. Après, il y aura une autre étape où une autre équipe du PDDRCS national viendra de Kinshasa pour délivrer la carte de démobilisation, qui fera d’eux des démobilisés”, explique Flory Kotoko, le coordonnateur intérimaire du PDDRCS en Ituri.
Il ajoute que “tous vont rentrer dans la vie civile dans un premier temps. Mais, ceux qui veulent servir la nation, pourront rejoindre la RAD, Réserve armée pour la défense”.
M. David, un autre rendu invite ses anciens camarades encore dans la brousse à lui emboîter le pas.
“Je leur demande de suivre mon exemple. La paix est porteuse de beaucoup de bien, ça va leur permettre de regagner leurs villages et de mener une vie normale. J’ai deux enfants que je n’ai pas vu grandir pendant ces quatre années, je voudrais maintenant me consacrer à leur éducation”, déclare-t-il.
Roger KAKULIRAHI

