Beni, 06 mars 2025 – Jean-Marc Kabund-à-Kabund, ancien vice-président de l’Assemblée nationale et figure emblématique de l’opposition en République Démocratique du Congo (RDC), a pris la parole dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI) pour exprimer ses préoccupations concernant la situation politique actuelle du pays.
Libéré après avoir purgé 30 mois de prison, Kabund-a-Kabund revient sur son expérience de persécution sous le régime actuel et dénonce l’injustice d’une condamnation qu’il juge “irréparable”. Il affirme que “sa libération ne doit en aucun cas être utilisée comme un levier pour des négociations politiques”, insistant sur le fait que la recherche de la paix en RDC doit primer sur toute autre considération.
Dans cette sortie médiatique, l’opposant congolais n’a pas manqué de critiquer la proposition de gouvernement d’union nationale avancée par le président Félix Tshisekedi. Pour lui, cette initiative, bien que saluée par certains observateurs, ne représente aucune solution tangible aux problèmes profonds de la RDC.
Kabund considère qu’un véritable gouvernement de coalition doit reposer sur un programme politique clair et cohérent, et non sur une simple répartition de pouvoirs entre élites. Il a également souligné que la réconciliation nationale ne doit pas être perçue comme un geste en faveur de l’opposition, mais comme une nécessité pour avancer vers la paix et l’unité du pays.
Sur le plan national, Jean-Marc Kabund-à-Kabund a dénoncé les injustices subies par plusieurs prisonniers politiques encore incarcérés, citant des exemples de figures comme Mike Mukeba, Seth Kikunibet d’autres personnalités du Grand Katanga, dont des généraux militaires. Selon lui, ces cas illustrent la répression systématique des voix dissidentes et l’absurdité d’un régime qui continue de maintenir des personnes en détention sans jugement. Il a ainsi appelé à la libération immédiate de ces prisonniers politiques et à la mise en place d’une justice véritablement indépendante.
Concernant la situation sécuritaire à l’Est de la RDC, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a exprimé son inquiétude face à l’avancée du M23, un groupe rebelle soutenu par le Rwanda, qui continue de semer le chaos dans la région. Il a exhorté le gouvernement congolais à demander un retrait explicite des troupes rwandaises pour restaurer la stabilité. L’opposant a également fait état de sa rencontre avec Martin Fayulu, un autre leader politique, affirmant qu’une initiative commune était essentielle pour contrer ce qu’il appelle la « fin de règne » du président Tshisekedi, tout en soulignant l’importance de travailler avec d’autres figures politiques, dont Joseph Kabila.
Enfin, Jean-Marc Kabund se dit prêt à contribuer à une gouvernance efficace en RDC d’ici 2028, mais à condition qu’un programme clair soit mis en place. Bien qu’il ne cherche pas à participer à un gouvernement d’union nationale sans vision, il affirme rester ouvert au dialogue avec les autorités, notamment avec Félix Tshisekedi, si ce dernier manifeste la volonté d’engager un véritable processus de réconciliation.
Magloire TSONGO

