ONU, Union Africaine et Angola : L’adhésion tardive à la ligne de Félix Tshisekedi sur le M23 (46è tribune de Thierry Monsenepwo)

Kinshasa, 12 mars 2025- La République Démocratique du Congo fait face depuis plusieurs décennies à une instabilité chronique dans sa partie orientale, nourrie par des groupes armés instrumentalisés et soutenus par des puissances étrangères. Parmi eux, le M23 s’est imposé comme l’outil privilégié du Rwanda dans sa quête de déstabilisation et de pillage des ressources congolaises.

Dès son accession au pouvoir, le Président Félix Tshisekedi a refusé d’être dupe. Il a clairement établi une ligne de démarcation entre les groupes armés congolais susceptibles de réintégrer la République et les entités terroristes servant d’instruments à des intérêts extérieurs. Pour lui, négocier avec un M23 toujours sous l’emprise de Kigali relevait du dialogue avec l’ombre, une absurdité politique et diplomatique.

C’est ainsi qu’il a activé les processus de Nairobi et de Luanda, non pas pour offrir une tribune aux bourreaux du peuple congolais, mais pour tracer un cadre structuré dans lequel seuls les groupes réellement engagés en faveur de la paix pouvaient s’inscrire. Le M23, en choisissant la violence et la guerre au service de Paul Kagame, s’est auto exclu de lui-même de cette dynamique.

Aujourd’hui, en décidant de relancer ces processus, l’ONU, l’Union Africaine et l’Angola ne font que s’aligner sur la vision de Félix Tshisekedi. Ce dernier a d’ailleurs signifié à ses interlocuteurs que son ouverture au dialogue n’a jamais été un blanc-seing accordé aux criminels instrumentalisés. Un M23 amputé de sa tutelle meurtrière, engagé de bonne foi dans un processus de paix piloté par Kinshasa ? Oui, cela a toujours été une option. Mais un M23 marionnettisé par Kigali, instrument de massacres et de prédation ? Jamais.

1. La Tragique hypocrisie du M23 : De la guerre aux négociations.

La plus grande interrogation que pose la situation actuelle est la suivante : Pourquoi le M23, après avoir tué, pillé et semé la désolation, se retrouve-t-il à nouveau à la table des négociations que Félix Tshisekedi lui avait ouvertes dès le départ ?

Cette question révèle la nature même de ce groupe : une organisation dont le seul agenda est dicté par Kigali. Lorsqu’en 2022, Félix Tshisekedi a activé le processus de Nairobi, le M23 avait déjà l’opportunité d’un dialogue républicain. Mais, à cette époque, le Rwanda avait d’autres plans. Il fallait envahir, terroriser et piller. Aujourd’hui, confronté aux sanctions internationales et au réveil du monde sur sa duplicité, Kigali réoriente sa stratégie et lache un M23 sans parent et sans maître à penser. Et donc, pas de choix que de revenir aux négociations. Mais ils ne doivent pas oublier que la CPI rode… et ils ne devraient pas faire comme si les massacres perpétrés entre-temps n’avaient jamais eu lieu.

Ce retournement de situation illustre à quel point le M23 n’a jamais été un acteur autonome. Son agenda est dicté par Paul Kagame, et Félix Tshisekedi l’a compris bien avant que la communauté internationale n’admette cette réalité.

Félix Tshisekedi, une Stratégie de Rigueur : “Le bâton pour Kagame, la carotte pour les égarés”

Dans cette crise, le Président congolais a fait preuve d’un équilibre stratégique impressionnant. Plutôt que de tomber dans le piège des négociations illusoires, il a imposé un cadre clair :
• Le bâton pour Paul Kagame, dont le régime subit, pour la première fois en près de 30 ans, une pression diplomatique et économique sans précédent. La RDC a mené un travail rigoureux de plaidoyer international, exposant le Rwanda comme un État prédateur et violeur du droit international. Kagame, autrefois chouchou de certaines puissances, est désormais perçu pour ce qu’il est : un chef d’État autoritaire, engagé dans une guerre de rapine contre son voisin congolais.
• La carotte pour les groupes armés congolais égarés, ceux qui, sous certaines conditions, peuvent réintégrer la nation. Nairobi et Luanda ont été conçus pour eux, pas pour les mercenaires de Kigali.

2. Le choc diplomatique : Un monde enfin conscient du rôle de Kagame.

Pendant des décennies, Paul Kagame a manipulé l’opinion internationale, se présentant comme un modèle de stabilité en Afrique centrale tout en finançant et armant des milices criminelles en RDC. Félix Tshisekedi, avec patience et détermination, a déconstruit ce narratif fallacieux.

Les sanctions économiques, la réduction de l’aide militaire au Rwanda et le durcissement du ton de plusieurs puissances occidentales témoignent du changement de paradigme. Aujourd’hui, même les plus sceptiques reconnaissent que Kigali orchestre la guerre en RDC.

En diplomatie, il y a ceux qui subissent l’histoire et ceux qui l’écrivent. Félix Tshisekedi a choisi d’écrire l’histoire en assumant une posture de fermeté face à l’agression rwandaise.

3. Un Leadership de constance et de détermination

Loin des solutions faciles et des compromis hypocrites, Félix Tshisekedi a imposé une ligne politique claire :
• Pas de dialogue avec des pantins. Tant que le M23 agissait sous l’influence de Kagame, toute discussion était un non-sens.
• Oui à un processus structuré. Un M23 détaché de sa tutelle meurtrière et intégré dans les cadres définis par Kinshasa ? C’est précisément ce que Félix Tshisekedi avait mis en place dès le départ.
• L’isolement de Kagame. Les avancées diplomatiques obtenues par la RDC sont historiques. Pour la première fois, le Rwanda est véritablement sous pression.

Que l’ONU, l’Union Africaine et l’Angola se rallient aujourd’hui à cette approche n’est pas une coïncidence. C’est la confirmation que le Président congolais avait raison dès le début.

Et si certains doutaient encore de sa stratégie, les faits sont là pour les détromper. Félix Tshisekedi a été égal à lui-même : ferme, lucide et stratège.

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