Mambasa, 16 mars 2025- Le dialogue direct entre Kinshasa et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, sera sauf imprévu officiellement lancé, mardi 18 mars 2025 à Luanda en Angola. Les invitations du facilitateur de ce dialogue ont déjà été envoyées aux différentes parties.
Dans une déclaration commune ce samedi 15 mars 2025, à Beni, la société civile des villes de Beni et Butembo et du territoire de Beni et Lubero au Grand Nord-Kivu, a exprimé des inquiétudes concernant ces démarches visant à établir un dialogue direct entre Kinshasa et les rebelles du M23/AFC.
Dans cette déclaration lue par Richard Kirimba, vice-président de la société civile en territoire de Beni, les forces vives pensent que l’option militaire reste favorite pour garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
Par ailleurs, les forces vives ont invité le gouvernement à établir des limites claires afin de protéger les intérêts de la nation, en cas des négociations. Dans le même angle, elles exhortent Kinshasa à veiller à ce que ce dialogue ne sert pas de prétexte à l’impunité des crimes commis par le M23/AFC, au Nord-Kivu.
“Dans une situation d’impasse, il s’observe plusieurs démarches nationales et internationales tentant à privilégier la voie du dialogue ou de la négociation avec les rebelles. C’est le cas de la démarche des confessions religieuses de la CENCO et l’ECC. Cependant la position du gouvernement congolais n’est pas encore trop claire quand au probable dialogue. Pour la société civile du Grand -Nord, l’option militaire serait la meilleure (….). La société civile de Beni, Butembo et Lubero, recommande au gouvernement à ne pas ouvrir la brèche à la déstabilisation de l’ordre constitutionnel, entièrement acquise à la République démocratique du Congo ; de s’abstenir de signer des engagements exposant davantage à la violation de l’intégrité et la souveraineté nationale. Que le processus de dialogue ou de négociation ne soit pas un prétexte ou une justification d’impunité en blanchissant tous les crimes commis en RDC“, ont-t-elle déclarée.
Pour l’instant, les différentes délégations des deux parties en conflit sont encore attendues dans les prochaines heures dans la capitale angolaise. Kinshasa, qui a pris acte de cette décision a saisi cette occasion pour mettre une ligne rouge à ne pas franchir. En effet, Kinshasa, a souligné que tout devait se dérouler conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité sur la situation dans l’est de la RDC. Cette résolution exige notamment le retrait des troupes de la rébellion et celles du Rwanda des zones occupées. Reste à savoir si Corneille Nangaa et ses troupes seront d’accord.
Roger KAKULIRAHI

