Beni, 10 avril 2025 – A travers une lettre adressée au ministre d’État en charge de la justice datée du 9 avril, Jean Thierry Monsenepwo, demande l’ouverture d’une enquête contre Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Il lui est reproché d’avoir admis publiquement avoir accepté des fonds du Rwanda pour financer des missions de paix, une démarche initiée avec l’Église du Chrit au Congo (ECC). Une déclaration faite dans une interview avec le journaliste Stanys Bujakera, alors que le prélat se trouvait aux États-Unis.
Ce financement, selon Mgr Muteba, aurait servi à couvrir les déplacements internationaux des évêques de la CENCO et de l’ECC (Église du Christ au Congo).
L’acteur politique Jean Thierry s’indigne d’une telle initiative dans un contexte de guerre ouverte entre la RDC et le Rwanda. Pour lui, la comparaison est claire : “un évêque ukrainien qui recevrait de l’argent russe en pleine guerre serait immédiatement arrêté. Il juge impensable qu’un religieux congolais puisse ainsi coopérer avec un pays désigné par Kinshasa comme agresseur”.
Dans la missive consultée par Dépêche.cd , Jean Thierry Monsenepwo accuse Mgr Muteba d’avoir commis des actes relevant de la haute trahison et de l’intelligence avec l’ennemi. Il évoque les articles 183 et 184 du Code pénal congolais, qui criminalisent tout contact ou aide à une puissance étrangère hostile. Accepter un financement rwandais, selon lui, matérialise pleinement ces infractions, quelles que soient les intentions affichées.
“Nous sollicitons respectueusement mais fermement que le Ministère de la Justice prenne les mesures suivantes :L’ouverture d’une enquête judiciaire contre Mgr Fulgence Muteba et tous les membres de la CENCO et de l’ECC impliqués dans cette affaire; la suspension immédiate de toutes les activités internationales de la CENCO et de l’ECC financées par des fonds extérieurs jusqu’à clarification complète; Des poursuites exemplaires pour réaffirmer que l’intérêt national prime sur toute forme de compromission, quelle qu’en soit l’origine ou le statut du contrevenant; Que le ministère des affaires étrangères de la République démocratique du Congo adresse au Vatican une plainte contre ces évêques qui finalement considèrent la RDC comme un non état, insultant par la même occasion le peuple congolais qui a rendu légal et légitime ses institutions que eux minimisent, bafouent, désacralisent, insultent et jettent en pâture”, insiste Jean Thierry Monsenepwo.
Enfin, celui-ci estime que ce n’est pas le moment de laisser “l’ambiguïté prospérer, encore moins quand elle vient de figures censées incarner la conscience morale de la nation. Il est temps que la justice se saisisse de ce dossier avec la rigueur et le courage que la situation impose”.
Magloire TSONGO

