Beni, 10 mai 2025- À Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, les Conseils Communaux de la Jeunesse (CCJ) de Goma et de Karisimbi tirent la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié ce 10 mai 2025, ces structures citoyennes dénoncent une recrudescence inquiétante des violations graves des droits humains dans la ville, actuellement sous le contrôle des rebelles du M23 et de leurs alliés. Le document couvre la période allant du 25 avril au 10 mai 2025.
Les CCJ dressent un tableau sombre de la situation sécuritaire : 15 personnes ont été tuées par balles, 110 maisons cambriolées, 9 corps sans vie découverts, 3 cas de justice populaire signalés, un cas de pendaison recensé et 6 personnes blessées par balles. À cela s’ajoutent des enlèvements, des menaces de mort et des actes d’intimidation attribués aux éléments du M23.
Le rapport mentionne également des incursions nocturnes des rebelles dans plusieurs structures médicales. Des malades, soupçonnés d’être des militaires des FARDC, ont été enlevés de force vers des destinations inconnues, instaurant un climat de terreur au sein de la population civile.
Autre fait alarmant, les jeunes dénoncent le recrutement forcé de garçons dans les rangs du M23. Ceux qui refusent de rejoindre les rebelles sont, selon le rapport, pourchassés, arrêtés et parfois soumis à des traitements inhumains et dégradants.
Face à cette situation dramatique, les CCJ appellent le gouvernement congolais à “tout mettre en œuvre pour rétablir la sécurité” à Goma et dans les zones environnantes. Ils exhortent également la communauté internationale à documenter ces exactions et à agir concrètement pour y mettre un terme.
Le rapport critique le silence des institutions nationales et internationales face à ces crimes, estimant que ce mutisme renforce le sentiment d’abandon et le désespoir des habitants d’une ville laissée à la dérive.
Malgré les menaces, les CCJ de Goma et de Karisimbi affirment leur détermination à poursuivre leur mission de veille citoyenne. “La parole est la première ligne de défense face à la barbarie”, déclarent-ils. Le document souligne l’engagement courageux de ces jeunes qui s’efforcent de faire entendre la voix des victimes.
Dans leur déclaration, Claude Rugo, président du CCJ Karisimbi, et Jules Ngeleza, président du CCJ Goma, appellent les partenaires de la RDC à renforcer leur appui logistique, politique et humanitaire en faveur des populations civiles, et à soutenir les efforts pour un retour rapide à la paix.
Magloire TSONGO

