Mambasa, 12 mai 2025- Un conflit foncier persistant oppose depuis plusieurs années le clan « Babungbe » au clan « Bapusome », tous deux membres des autochtones pygmées Matembu, dans le groupement de Teturi, territoire de Mambasa, en Ituri. La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de la zone exprime ses vives inquiétudes face à l’inaction des autorités, malgré l’aggravation continue de la situation sur le terrain.
Une nouvelle goutte qui fait déborder le vase
Le week-end dernier, une nouvelle attaque a éclaté à Teturi-centre. Selon les informations recueillies par la NSCC, des membres du clan Babungbe, soutenus par leurs alliés, ont agressé des membres du clan Bapusome alors qu’ils construisaient une maison pour l’un des leurs. Les assaillants ont affirmé que la construction se faisait sur un terrain leur appartenant. Plusieurs blessés ont été signalés parmi les pygmées Matembu. Cette attaque a ravivé de fortes tensions dans toute la contrée.
Les services de sécurité ont dû tirer des coups de feu pour disperser les manifestants et ramener un semblant de calme.
Le silence de la justice inquiète la société civile
La NSCC du groupement Babila Teturi déplore « le silence persistant » de la justice dans ce conflit qui dure depuis plus de trois ans.
Et ce, malgré le dépôt des frais et dossiers nécessaires auprès du parquet, ainsi qu’auprès des autorités coutumières et judiciaires. La structure regrette qu’aucune décision ni mesure concrète n’ait été prise jusqu’à ce jour.
Un appel pressant aux autorités à tous les niveaux
À travers son coordonnateur Grâce Kakundo Kasamba, la NSCC de Teturi lance « un appel pressant » aux autorités à tous les niveaux afin qu’elles s’impliquent de manière urgente et décisive pour résoudre ce conflit, qui menace gravement la cohésion sociale et la paix au sein de la communauté locale.
Les coups de feu entendus lors de la dispersion des protagonistes ont semé une véritable psychose parmi les habitants de Teturi et ses environs.
Ces derniers, déjà sous la menace constante d’éventuelles attaques des ADF, vivent désormais dans la peur. Certains, mal informés, ont été pris de panique avant que la situation ne se stabilise.
Roger KAKULIRAHI

