Mambasa, 20 mai 2025- Plus d’un an après l’attaque meurtrière perpétrée par les ADF contre la commune rurale de Mangina, située en territoire de Beni, la situation reste critique au centre de santé de Mangodomu. Cette structure sanitaire, pourtant essentielle pour la prise en charge médicale des habitants de la région, peine à retrouver son rythme normal de fonctionnement.
Le 2 mai 2024, les forces négatives des ADF (Forces démocratiques alliées) avaient ciblé plusieurs points de cette localité du Nord-Kivu, semant la terreur et causant d’importants dégâts, notamment sur les infrastructures sociales de base. Le centre de santé Mangodomu n’avait pas été épargné : bâtiments endommagés, matériel médical détruit, personnel et patients traumatisés.
Interrogé ce lundi 19 mai 2025 par notre reporter, Muhindo Syahinga, infirmier titulaire adjoint du centre, a dressé un tableau sombre de la situation actuelle.
“Malgré la réhabilitation des bâtiments grâce aux efforts de certaines ONG et de la communauté locale, le centre reste confronté à un manque criant de médicaments. Nous recevons toujours les patients, mais nous sommes très limités dans notre capacité de prise en charge”, a-t-il expliqué.
En plus de l’insuffisance de médicaments, l’infirmier pointe également le poids des factures médicales impayées comme un autre facteur aggravant la situation. Beaucoup de patients, affectés économiquement par les conflits armés et l’insécurité permanente, n’ont plus les moyens de payer leurs soins. Résultat : le centre peine à renouveler ses stocks et à maintenir un fonctionnement viable.
“Nous comprenons la détresse de la population, mais notre réalité est aussi difficile. Nous manquons de moyens pour acheter les médicaments de base, payer le personnel ou faire fonctionner les équipements réhabilités. Il devient urgent que les autorités interviennent”, a lancé Muhindo Syahinga, visiblement inquiet.
Un appel à l’intervention urgente des autorités
Ce cri d’alarme s’adresse directement aux autorités sanitaires provinciales et nationales, mais aussi aux partenaires humanitaires et aux organisations de santé. Alors que l’insécurité continue de paralyser le développement socio-économique de la région, les structures sanitaires comme Mangodomu jouent un rôle crucial dans le maintien du minimum vital pour les populations locales.
L’absence de soutien structurel risque de compromettre davantage la qualité des soins, exposant les habitants à des risques sanitaires majeurs.
Notons que Mangina est l’une des zones les plus touchées par les incursions répétées des ADF au Nord-Kivu. Outre les pertes humaines, ces attaques ciblent aussi les infrastructures de base, fragilisant encore davantage un système de santé déjà précaire.
Roger KAKULIRAHI

