Kinshasa, 22 mai 2025- Dans une décision historique, le Sénat a voté, jeudi 22 mai, la levée de l’immunité parlementaire de Joseph Kabila, ancien président de la République et sénateur à vie. Cette mesure ouvre la voie à des poursuites judiciaires pour des accusations de trahison, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
La demande de levée d’immunité avait été introduite le 30 avril par l’Auditeur général des Forces armées, sur instruction du ministre de la Justice, Constant Mutamba. Le réquisitoire accuse M. Kabila d’avoir soutenu la rébellion du M23/AFC, active dans l’est du pays et soupçonnée d’être appuyée par le Rwanda. Le ministre Mutamba affirme détenir des preuves accablantes de l’implication de l’ancien chef de l’État dans des massacres de civils et des exactions commises par ce mouvement armé.
Le Sénat avait entamé l’examen de cette demande le 15 mai, formant une commission technique chargée d’analyser le dossier. La plénière de ce 22 mai, tenue à huis clos, a abouti à un vote favorable à la levée de l’immunité de M. Kabila.
Cette décision marque un tournant majeur dans l’histoire politique de la RDC, où l’impunité des anciens dirigeants a longtemps prévalu. Joseph Kabila, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, réside principalement en Afrique du Sud depuis 2023. Il a nié les accusations portées contre lui, affirmant son intention de revenir en RDC pour contribuer à la résolution des conflits dans l’est du pays.
La levée de l’immunité de Joseph Kabila ouvre désormais la voie à des poursuites judiciaires, qui pourraient se tenir en son absence s’il ne retourne pas en RDC. Cette affaire est suivie de près tant au niveau national qu’international, en raison de ses implications politiques et juridiques.
Riel LUKOMBO

