Beni, 23 Mai 2025 – L’ancien Président congolais, Joseph Kabila, est sorti de son silence. Dans un discours remarqué prononcé après la récente décision du Sénat, l’ex-chef de l’État a égrené une série de douze propositions qu’il juge essentielles pour redresser la République démocratique du Congo (RDC). Un appel à la rupture avec le présent, doublé d’un regard critique sur la situation actuelle du pays.
Dans un ton grave et déterminé, Joseph Kabila a d’abord appelé à “mettre fin à la dictature, mieux, à la tyrannie”, dénonçant de manière voilée l’état actuel du pouvoir. Pour lui, la RDC est aujourd’hui prise en otage par une gouvernance autoritaire et instable. Il réclame aussi l’arrêt immédiat des conflits armés qui continuent de dévaster l’est du pays, plongeant des millions de Congolais dans l’insécurité et l’exil.
L’ancien Président insiste sur la nécessité de rétablir l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national. Une exigence récurrente depuis des décennies, alors que plusieurs régions, notamment dans le Kivu et l’Ituri, échappent toujours au contrôle de Kinshasa. Il propose aussi un retour aux fondamentaux de l’État de droit et à la démocratie, évoquant un système en “décomposition avancée”.
La restauration des libertés fondamentales figure aussi dans son programme de redressement. Liberté de la presse, droits civils et politiques, Kabila plaide pour un climat plus apaisé et inclusif. Il appelle également à une réconciliation nationale, condition sine qua non, selon lui, pour reconstruire la cohésion sociale et tourner la page des divisions.
Sur le plan économique, l’ex-président propose une relance ambitieuse par une meilleure gouvernance, une rigueur dans la gestion publique et une redistribution équitable des ressources nationales. Il ne manque pas d’évoquer les relations avec les pays voisins, affirmant que le dialogue régional est indispensable à une paix durable. Il entend aussi restaurer la crédibilité internationale du pays, aujourd’hui ternie, selon lui, par les crises internes répétées.
Enfin, Kabila prend une posture de fermeté face aux groupes armés et aux troupes étrangères. Il prône leur neutralisation, leur rapatriement et le bannissement définitif des mercenaires, en s’appuyant sur les conventions internationales. Il salue d’ailleurs la décision de la SADC de retirer les forces de la SAMIDRC, y voyant un premier pas vers la souveraineté retrouvée de la RDC. Un discours dense, porteur d’ambitions, mais dont la portée politique reste à mesurer dans un contexte national toujours volatile.
Magloire TSONGO

