Kinshasa, 26 mai 2025- Dans une déclaration, Thierry Monsenepwo, cadre de l’Union sacrée, a lancé une alerte sur une menace d’une entreprise de cyberdéstabilisation par intelligence artificielle visant les plus hautes institutions de la République.
Selon lui, un réseau organisé actif aussi bien à l’étranger qu’en RDC mettrait en œuvre des technologies d’intelligence artificielle générative dans le but de produire et diffuser des contenus vidéo falsifiés.
Il souligne que l’objectif est de porter atteinte à la réputation morale, politique et personnelle des dirigeants à travers des images truquées les représentant dans des situations compromettantes, fabriquées de toutes pièces.
Les outils mis en cause incluent des logiciels parmi les plus avancés du marché, tels que Sora, Runway ML, D-ID, Stable Diffusion et DeepFaceLab, capables de générer des visuels ultra-réalistes simulant la voix, l’apparence et les gestes de personnalités publiques.
Jean Thierry Monsenepwo qualifie cette manœuvre de “guerre hybride de cinquième génération” affirmant qu’elle survient après l’échec d’autres tentatives de déstabilisation du pays : balkanisation, violences armées, atteintes physiques contre le Chef de l’État. Cette fois, l’arme utilisée est plus insidieuse : la manipulation de l’image et de l’émotion à travers le numérique.
“Il ne s’agit pas d’un débat démocratique ou d’une expression politique. Il s’agit d’une opération de sabotage numérique orchestrée dans le but de semer la confusion, de discréditer les institutions, et de provoquer le chaos”, insiste-t-il.
Appel aux institutions et aux plateformes numériques
Face à cette menace, il lance un appel
- Au CSAC, pour interdire la diffusion de contenus falsifiés dans les médias ;
- À la Police nationale et à son département de cybercriminalité, pour enquêter et démanteler les réseaux impliqués ;
- Aux ministères de la Justice, de la Défense et des PTNTIC, pour une coordination nationale en matière de régulation de l’IA ;
- Aux plateformes numériques opérant en RDC, pour leur collaboration dans la détection et la suppression de contenus malveillants.
La déclaration de Monsenepwo fait écho à des préoccupations de plus en plus vives à l’échelle internationale. La prolifération des contenus “deepfake” vidéos modifiées à l’aide de l’IA représente aujourd’hui un défi majeur pour les démocraties, les institutions judiciaires et les mécanismes de sécurité.
“La République doit se doter d’outils de riposte et de protection à la hauteur des défis technologiques contemporains”, conclut-il.
L’alerte est donc lancée. Reste à savoir quelle sera la réaction des autorités et des acteurs du numérique face à ce danger nouveau mais bien réel.
Cédric BEYA

