Kinshasa, 7 juin 2025- La récente rencontre entre le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, et l’opposant Martin Fayulu, président de l’ECIDE, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile congolaise. Les acteurs sociaux et politiques engagés dans le Pacte Social pour la Paix et le Bien-vivre ensemble, une initiative portée par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), ont publié ce samedi une déclaration officielle dans laquelle ils prennent position.
Réunis sous la coordination du Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC), ces acteurs saluent la démarche de dialogue, tout en exprimant leurs réserves face à certaines divergences de fond apparues lors de la rencontre. Selon eux, deux visions s’opposent : celle du Pacte Social qui prône une paix inclusive fondée sur l’engagement conjoint de la majorité, de l’opposition et de la société civile, et celle du projet baptisé Camp de la Patrie, perçu comme une alternative plus partisane.
Dans leur déclaration, les signataires décrivent un tableau sombre de la situation nationale, marqué par l’effondrement des institutions étatiques, l’insécurité chronique, notamment dans l’Est du pays, et une série de scandales liés à la mauvaise gestion des deniers publics. Dans ce contexte, ils estiment que seul le Pacte Social de la CENCO-ECC, conçu comme un cadre de concertation véritablement inclusif, est capable de ramener la paix et la stabilité en République démocratique du Congo.
Ils appellent tous les acteurs politiques, de l’Union Sacrée au camp de l’opposition, ainsi que les forces vives de la société civile, à s’y engager sans réserve.
Les signataires interpellent également le Chef de l’État, en sa qualité de garant de la nation. Selon eux, le Président Tshisekedi porte une responsabilité historique dans la réussite ou l’échec de ce processus de réconciliation nationale. Si l’initiative de la CENCO-ECC n’est pas activement soutenue par la présidence, préviennent-ils, les gestes de rapprochement, même symboliques, risquent de n’être perçus que comme des manœuvres politiques sans lendemain.
“ Sans la convocation urgente des Pères Spirituels, même les signes d’ouverture pourraient se révéler être de simples illusions, comparables au baiser de Judas”, peut-on lire dans le communiqué.
Enfin, les signataires situent leur engagement dans une dynamique spirituelle. À l’occasion du deuxième jour de la Neuvaine en cours, ils placent leur espoir dans l’intervention divine, réaffirmant que seule une paix bâtie sur le respect de la dignité humaine et un dialogue sincère permettra à la RDC de sortir de l’impasse.
“Le dialogue inclusif est une nécessité incontournable pour restaurer la souveraineté nationale et rétablir une paix durable en RDC”, concluent-ils.
Cédric BEYA

