Nord-Kivu : un an après les massacres des Bapere, la notabilité de Manguredjipa réclame justice

Mambasa, 13 juin 2025- Un an après les massacres perpétrés dans le secteur des Bapere, en territoire de Lubero, les cicatrices restent vives au sein des communautés locales. Dans la nuit du 11 au 12 juin 2024, des assaillants affiliés aux Forces Démocratiques Alliées (ADF) avaient attaqué plusieurs villages de cette entité du Nord-Kivu, causant la mort de dizaines de civils, la destruction de biens et le déplacement massif de populations.

Ce mercredi 12 juin 2025, à l’occasion du triste anniversaire de cette tragédie, les notables de Manguredjipa ont réaffirmé leur exigence de justice. Parmi eux, maître Cyprien Sangala, avocat et acteur de la société civile, a pris la parole pour appeler à l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de ces crimes, qu’ils soient identifiés ou non. Il a également exhorté les autorités judiciaires à faire de ce dossier une priorité, soulignant que le silence institutionnel face à de telles atrocités alimente un sentiment d’abandon chez les victimes et affaiblit la cohésion nationale.

Ce plaidoyer survient dans un contexte où le territoire de Lubero demeure exposé à l’activisme de groupes armés, avec des poches d’insécurité encore très actives. Les appels à soutenir les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), engagées dans des opérations contre les ADF, ont aussi été réitérés, les notables soulignant la nécessité d’une collaboration plus étroite entre la population et les forces loyalistes.

Toutefois, l’absence de progrès sur le plan judiciaire interroge. Un an après les faits, aucune procédure pénale n’a été officiellement ouverte. Pour la communauté de Manguredjipa, cette inaction affaiblit non seulement la confiance envers les institutions, mais compromet aussi les perspectives de réconciliation durable dans la région.

La tragédie des Bapere n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série d’attaques perpétrées par les ADF dans les provinces de l’Est, souvent sans suite judiciaire ni accompagnement des survivants. Cette impunité persistante reste un obstacle majeur à la paix et au retour à la normale dans les zones touchées.

La déclaration de maître Cyprien Sangala, recueillie par nos confrères de Manguredjipa, est un rappel fort : la mémoire des victimes ne peut se limiter à des commémorations. Elle appelle à des actions concrètes, à des réponses judiciaires fermes et à un engagement renouvelé de l’État en faveur des populations meurtries.

Roger KAKULIRAHI

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