Mambasa, 17 juin 2025- À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, la ville de Beni s’est alignée sur l’élan mondial en sensibilisant aux menaces croissantes que représente la dégradation des terres. Cette journée annuelle est consacrée à la promotion de pratiques durables visant à préserver les sols et à garantir une gestion rationnelle des ressources naturelles.
Dans cette optique, Prosper Kirimabzi, spécialiste en biodiversité et changement climatique, a pris part à une série d’échanges médiatiques pour éclairer l’opinion publique sur les causes et les conséquences de la désertification dans le contexte local. Il a mis en avant le rôle central que jouent certaines pratiques agricoles et humaines dans l’aggravation du phénomène, notamment la déforestation, le surpâturage et l’exploitation intensive des terres agricoles. Ces comportements contribuent à l’appauvrissement des sols, à leur érosion et à leur perte de productivité à long terme.
D’après les constats de l’expert, la région de Beni n’est pas épargnée par ces enjeux environnementaux. L’avancée silencieuse de la dégradation des terres y est favorisée par l’absence de politiques locales fermes sur la gestion foncière, l’exploitation forestière anarchique, ainsi que le manque d’alternatives agricoles adaptées. Ces facteurs, combinés aux effets du changement climatique, rendent les sols vulnérables à la sécheresse et menacent la sécurité alimentaire dans plusieurs localités.
En réponse, Prosper Kirimabzi plaide pour l’adoption de stratégies agricoles durables. Il met notamment en lumière l’intérêt des cultures nomades, une technique qui permet de réduire la pression sur les terres cultivables en alternant les zones de production. Cette approche offre également l’opportunité de préserver l’humidité des sols et de renforcer leur régénération naturelle. Il insiste par ailleurs sur la nécessité de renforcer les capacités locales en matière d’agroécologie et de gestion durable des écosystèmes.
La commémoration de cette journée est aussi l’occasion d’appeler à un engagement multisectoriel. Les autorités locales, les organisations de la société civile, les jeunes, les femmes agricultrices et l’ensemble des communautés rurales sont invités à prendre part à la lutte contre la désertification par des actions concrètes telles que la reforestation, la protection des sources d’eau, l’éducation environnementale et l’utilisation de techniques agricoles respectueuses de la nature.
À l’échelle mondiale, la Journée du 17 juin rappelle que la désertification constitue une menace réelle pour l’avenir des sociétés humaines. À Beni, la mobilisation reste encore timide, mais des voix telles que celle de Prosper Kirimabzi rappellent que des solutions locales existent et doivent être valorisées pour inverser la tendance.
Roger KAKULIRAHI









