Kinshasa, 18 juin 2025 – Un vent d’indignation souffle sur la République démocratique du Congo. Selon plusieurs sources, le gouvernement congolais serait en négociation pour sponsoriser le club de football français AS Monaco à hauteur de 4,8 millions d’euros sur trois ans, assortis de 20 000 euros additionnels. En contrepartie, le logo du pays serait apposé sur le maillot du club dans une tentative de “promotion de l’image de la RDC”.
Mais ce projet passe mal. Des acteurs de la société civile, des militants et des journalistes dénoncent unanimement une décision irresponsable et indécente dans un contexte national marqué par la pauvreté, la corruption et l’effondrement des services de base.
Premier point de crispation : le championnat national, la Linafoot, est à l’agonie. Faute de financement, les compétitions sont quasi suspendues, les clubs asphyxiés, et les talents locaux en exil. “Pourquoi injecter des millions en Europe quand nos stades sont vides, nos équipes délaissées et nos joueurs sans salaire ?”, s’interroge un journaliste sportif signataire de la lettre ouverte.
L’état des infrastructures en RDC reste catastrophique. Routes impraticables, aéroports hors normes, coupures d’électricité et pénuries d’eau potable font partie du quotidien. Dans ce contexte, un logo sur un maillot européen ne changera rien à l’attractivité du pays pour les investisseurs ou les touristes.
Dans un climat d’insécurité chronique, notamment à l’Est, et alors que la RDC est classée parmi les pays les plus corrompus au monde, les détracteurs du projet estiment que ce n’est pas de marketing dont le pays a besoin, mais de réformes structurelles pour inspirer la confiance.
Enfin, le timing du projet choque profondément. À l’heure où des millions de Congolais vivent sans emploi, sans soins et sans espoir, dépenser des fonds publics pour un club étranger est perçu comme une gifle. “Ce n’est pas de la promotion, c’est du gaspillage”, martèlent les signataires, parmi lesquels Bienvenu Matumo, Patrick Kalamba ou encore Emmanuel Mabunguta.
La société civile appelle à la mobilisation générale pour empêcher la concrétisation de ce sponsoring jugé contraire aux priorités nationales. Pour eux, l’argent public doit être consacré aux routes, écoles, hôpitaux et emploi, pas à des opérations de visibilité à l’étranger.
Riel LUKOMBO

