Beni, 26 juin 2025 – À l’occasion de la Journée mondiale des poissons célébrée le 24 juin, l’organisation congolaise “Innovation pour le Développement et la Protection de l’Environnement”(IDPE) a lancé un cri d’alarme sur la situation du lac Édouard, situé entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda.
Dans une déclaration rendue publique, mercredi 25 juin, l’IDPE appelle à une mobilisation urgente face aux “multiples pressions” qui compromettent l’avenir de ce patrimoine naturel. Le lac Édouard, partie du Parc national des Virunga, est de plus en plus menacé par une pêche illégale et incontrôlée. Selon l’IDPE, des filets à mailles fines, la capture d’alevins et même l’usage de substances toxiques sont devenus monnaie courante.
Ces pratiques, souvent orchestrées par des groupes armés avec la complicité de certaines autorités locales, mettent en péril les stocks halieutiques déjà fragilisés.
Au-delà de la surexploitation, l’emprise des groupes armés sur le lac aggrave la situation. D’après l’IDPE, les pêcheurs doivent faire face à des taxes illégales, à l’intimidation et à un climat d’insécurité persistant. Certains agents des services étatiques seraient également impliqués dans ces abus, ce qui complique davantage la gouvernance de cette ressource partagée.
Les tensions transfrontalières ajoutent une dimension géopolitique à cette crise écologique. L’IDPE dénonce des violations fréquentes de la frontière entre la RDC et l’Ouganda, entraînant des arrestations de pêcheurs congolais et des incidents violents. Ces frictions militaires menacent non seulement la paix régionale mais aussi la coopération nécessaire à la gestion durable du lac.
Face à cette situation, l’IDPE formule une série de recommandations claires. Elle appelle au rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du lac Édouard, à travers le retrait des groupes armés et un renforcement des mécanismes juridiques. L’organisation plaide également pour une collaboration renforcée entre Kinshasa et Kampala, un appui aux initiatives locales comme la COPEVI, et une action accrue de l’ICCN pour sécuriser la zone.
Enfin, l’IDPE salue les efforts des autorités du Parc national des Virunga pour la préservation du lac. À travers cette déclaration, l’organisation rappelle que le lac Édouard n’est pas seulement un miroir de beauté naturelle, mais un patrimoine vivant dont dépendent la biodiversité et la sécurité alimentaire de milliers de personnes.
Magloire TSONGO

