Butembo, 27 Juin 2025- Une nouvelle attaque attribuée aux combattants d’Allied Democratic Forces (ADF) a endeuillé, dans la nuit du mercredi à jeudi 26 juin 2025, le village d’Elake, dans la chefferie des Babila-Babombi, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Selon les organisations locales de la société civile, dont la CRDH/Babila-Babombi et la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC/Mambasa), les assaillants ont ciblé une position des forces d’autodéfense Wazalendo vers 3h du matin.
Le bilan provisoire fait état de trois éléments tués, dont deux à la machette et un par noyade, trois blessés, plusieurs civils enlevés, et des pillages visant habitations, commerces, dépôts de cacao et même le centre de santé local. Un acte qui s’inscrit dans une série d’attaques déjà signalées depuis plusieurs mois dans cette partie du territoire. Des appels à la vigilance ont été lancés en direction des villages environnants, notamment Mikanya, Bandenge, Leta Crédit, Matolo, Mikingi, Menzimenzi et Mingazi, alors que les rebelles semblent maintenir une forte pression sur cette zone frontalière de la RN44.
Insécurité persistante : la NSCC appelle à une réorganisation des structures de sécurité
Pour la Nouvelle Société Civile Congolaise, cette attaque est le résultat d’une défaillance manifeste de l’appareil sécuritaire local, malgré les multiples alertes antérieures. Depuis fin mars, les ADF auraient mis en place un système de taxation illégale dans le groupement Bakwanza, signe d’une implantation de plus en plus assumée, marquée par une volonté d’instaurer un pouvoir parallèle.
Face à ce qu’elle considère comme une banalisation des violences sous état de siège, la NSCC/Mambasa, par la voix de son coordonnateur Maître Jospin Paluku Mbowa, réclame une refonte urgente du comité local de sécurité, notamment à travers le relèvement du commandement militaire, jugé inefficace dans la protection des populations civiles.
L’organisation rappelle que l’inaction des autorités dans cette zone fragilise davantage la population déjà éprouvée, et mine la confiance des communautés locales dans l’État, pourtant censé garantir la paix et la sécurité.
Roger KAKULIRAHI

