Kinshasa, 29 juin 2025- Au lendemain de la signature d’un accord tripartite entre la République Démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et les États-Unis, Jean-Marc Kabund, président du parti Alliance Pour le Changement (À.Ch), a exprimé ses réserves face à ce nouveau compromis diplomatique.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’ancien président intérimaire de l’Assemblée nationale a salué l’initiative tout en soulignant les incohérences, insuffisances et zones d’ombre que recèle, selon lui, l’accord. Il a notamment alerté sur les pièges potentiels qu’il pourrait représenter pour la souveraineté de la RDC.
Pour lui, la clef d’une paix véritable réside dans un dialogue sincère et direct entre Kinshasa et Kigali. Il plaide ainsi pour une négociation transparente visant le retrait effectif des troupes rwandaises du territoire congolais, préalable nécessaire à toute désescalade durable.
Ce dialogue bilatéral, insiste-t-il, devrait ouvrir la voie à des pourparlers congolais inclusifs, impliquant toutes les composantes nationales. La problématique du mouvement rebelle AFC/M23, des groupes armés actifs à l’est du pays, ainsi que des milices dites Wazalendo, doit être abordée avec sérieux dans un cadre de réconciliation nationale.
Bien que l’accord soit perçu par certains comme un pas en avant, Jean-Marc Kabund reste prudent et lucide. Il rappelle le principe fondamental du droit international « pacta sunt servanda » (les accords doivent être respectés), invitant chaque partie à honorer ses engagements avec rigueur et transparence.
Dans son allocution, il va plus loin en plaidant pour un dialogue intercongolais structuré, estimant que la RDC ne pourra espérer une paix durable sans une réponse nationale concertée face aux crises politiques, sociales, électorales et morales qui secouent le pays.
Pour conclure, Kabund lance un appel solennel au garant de l’accord – en l’occurrence les États-Unis – à veiller à sa mise en œuvre effective, tout en appelant les Congolais à assumer pleinement leurs responsabilités.
“Le chemin vers la paix est semé d’embûches, mais avec une volonté collective sincère, il peut être franchi”, affirme-t-il avec espoir.

