Kinshasa, 16 juillet 2025- Alors que la RDC traverse une crise sécuritaire aiguë dans sa partie Est, la société civile congolaise affirme ses positions à travers un document stratégique baptisé Référentiel commun pour la paix et la cohésion nationale. Adopté à l’issue des Assises nationales tenues à Kinshasa du 10 au 12 juillet 2025, ce texte, présenté au cours d’un point de presse tenu, mercredi 16 juillet, dresse une série de lignes rouges que les organisations de la société civile estiment infranchissables dans toute initiative de paix.
Ces lignes rouges sont les suivantes entre autres, le refus de toute cogestion des ressources naturelles congolaises avec d’autres pays, l’exclusion de la société civile dans les processus de paix, la remise en cause de l’intangibilité des frontières nationales, l’impunité pour les crimes graves, le tripatouillage de la Constitution, l’atteinte à la vie humaine et la promotion des discours de haine.
Ceci est le fruit d’une large concertation entre les organisations Alerte-rdc, Cenadep, Syfeddi, Asadho, Odep, Reseau Proddes, Ocidec, Cec, Osd, Acvdp, Panel des experts de la société civile et d’autres partenaires réunis avec l’appui de l’ONG belge Solsoc. Ce référentiel vise à unifier la voix des acteurs de la société civile autour des enjeux de paix, de cohésion nationale et de justice.
Il met l’accent sur la nécessité d’un dialogue national inclusif réunissant l’ensemble des composantes de la Nation, y compris les groupes armés, les femmes, les jeunes, les confessions religieuses et les personnes vivant avec handicap.
Le document souligne aussi que la crise en RDC est multidimensionnelle. Elle n’est pas seulement sécuritaire, mais aussi politique, économique et sociale. Ses causes sont multiples : faiblesse de l’État, corruption, impunité, convoitise des ressources naturelles par des puissances étrangères, exclusion des jeunes, instrumentalisation des conflits identitaires, échec des programmes de démobilisation, et mauvaise gouvernance à tous les niveaux.
La société civile appelle à une implication effective dans les négociations nationales et internationales, à l’intégration des principes de la justice transitionnelle (vérité, justice, réparation, garanties de non-répétition), à la démobilisation effective des groupes armés et à la protection des défenseurs des droits humains.
À travers ce référentiel, la société civile veut désormais parler d’une seule voix, bâtir des alliances solides et faire entendre sa vision d’une paix durable, juste, souveraine et inclusive. Pour les acteurs de cette dynamique, la paix en RDC ne doit pas être un marché conclu en dehors du peuple, ni au détriment de ses droits fondamentaux.
Cédric BEYA

