Kinshasa, 17 juillet 2025- Dans sa 33ᵉ tribune politique publiée, mercredi 17 juillet, l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito livre une analyse critique et sans détour de la récente déclaration de l’opposition du 11 juillet 2025. Intitulée “Mon analyse de la Déclaration de l’Opposition”, cette tribune pose un diagnostic sévère de l’état actuel de l’opposition congolaise et propose des pistes pour une refondation sérieuse de l’action politique en République démocratique du Congo.
Pour Adolphe Muzito, la dernière sortie politique de l’opposition dite radicale révèle un “vide idéologique” et une “désorientation stratégique”. Loin de se contenter d’une critique stérile, l’auteur soulève une question de fond : Quelle est aujourd’hui la finalité de l’action politique de l’opposition congolaise, et selon quelles méthodes entend-elle la poursuivre ?
Il oppose deux formes d’opposition : l’une violente et conflictuelle, l’autre républicaine et démocratique. C’est cette dernière qu’il appelle de ses vœux, plaidant pour une opposition constructive, structurée et porteuse d’un projet alternatif.
L’ex-chef du gouvernement estime que l’opposition actuelle souffre d’un déficit de cohérence idéologique, de leadership et de stratégie. Il déplore un paysage politique fragmenté où les acteurs naviguent au gré des intérêts personnels, sans ligne politique stable. « À droite le matin, à gauche à midi, au centre le soir – et finalement nulle part », écrit-il avec ironie.
Cette instabilité, selon lui, empêche l’émergence d’un véritable programme de gouvernement et fragilise l’alternance démocratique. Il en appelle à la mise en place d’un socle idéologique clair, d’un programme commun et d’une stratégie de mobilisation populaire fondée sur la pédagogie et le dialogue.
Muzito dresse un bilan sans concession des modes d’action employés ces dernières années : rébellion, marches, élections, dialogues politiques… tous, selon lui, ont échoué faute de clarté, d’unité et de cohérence. Cette confusion stratégique, dit-il, discrédite l’opposition aux yeux de l’opinion publique et laisse le pouvoir gouverner sans contrepoids réel.
Il affirme que même le dialogue, pourtant outil de gouvernance démocratique, est trop souvent instrumentalisé comme « raccourci pour forcer l’entrée au pouvoir » plutôt qu’un cadre sincère de réforme.
S’il appelle l’opposition à faire son autocritique, Adolphe Muzito n’épargne pas non plus la majorité. Il l’exhorte à créer les conditions d’un dialogue véritablement inclusif pour bâtir une nouvelle architecture politique et sociale. “La démocratie congolaise est en panne de projet alternatif structuré. Il faut un sursaut”, résume-t-il.
Cette tribune sonne à la fois comme une alerte et une main tendue. Elle invite tous les acteurs majorité et opposition à sortir des postures pour refonder le contrat politique national dans l’intérêt exclusif de la République.
La rédaction

