Mambasa, 2 Août 2025- À Mangina, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), les plaintes d’usagers de la Route Nationale numéro 44 (RN44) se sont multipliées ces derniers jours. Au cœur des préoccupations : des tracasseries au poste de contrôle de la Direction Générale des Recettes du Nord-Kivu (DGR-NK), antenne locale. Des agents y étaient accusés de prélèvements illégaux, de retenues arbitraires et de comportements jugés intimidants à l’endroit des transporteurs et commerçants de passage.
Ce point de contrôle, censé réguler et percevoir légalement certaines taxes, s’était transformé en un véritable cauchemar pour les usagers. Plusieurs d’entre eux se plaignaient de paiements exigés sans quittance, de longs arrêts injustifiés et parfois de menaces verbales. La situation a provoqué un ralentissement du trafic, affectant le transport des biens et des personnes sur cet axe vital reliant Mangina aux autres localités du Grand Nord.
Face à cette situation alarmante, la société civile locale s’est mobilisée. Alertée par les multiples doléances, elle a saisi l’autorité communale pour une intervention urgente. En réponse, le bourgmestre de Mangina, Kambale Kikuku Nicolas, s’est rendu personnellement sur les lieux du poste incriminé, accompagné de représentants de la société civile.
Sur place, l’autorité communale a mené une série d’échanges directs avec les agents de la DGR-NK. Il leur a rappelé les principes de leur mission, fondée sur la légalité, la transparence et le respect des droits des citoyens. Il a fermement condamné les pratiques illégales rapportées, leur donnant des orientations claires pour y mettre fin immédiatement. Le bourgmestre a également rappelé que les services publics doivent servir, et non opprimer, la population.
Cette descente sur le terrain a eu un effet immédiat. Depuis l’intervention, les témoignages recueillis sur place font état d’un retour au calme et d’une nette amélioration dans la manière dont les contrôles sont effectués. Les transporteurs peuvent désormais circuler sans être soumis à des pressions injustifiées, et les commerçants traversent Mangina avec plus de sérénité.
Profitant de cette initiative, la société civile a également sensibilisé la population sur une autre problématique persistante : la perte de cartes d’identité. Elle a exhorté les citoyens concernés à se rendre auprès des officiers de police judiciaire (OPJ) pour obtenir une attestation de perte. Ce document est indispensable pour demander un duplicata auprès de l’antenne locale de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Cette clarification vise à lutter contre la confusion administrative et à faciliter l’accès des citoyens aux documents officiels.
L’action conjointe de la société civile et de l’autorité locale à Mangina démontre qu’une collaboration active peut faire reculer les abus administratifs et restaurer la confiance entre la population et les services de l’État. Pour les usagers de la RN44, cette intervention représente un soulagement, mais aussi un signal fort que la lutte contre les tracasseries routières est possible, dès lors que les responsabilités sont assumées.
Roger KAKULIRAHI

