Mambasa, 14 Août 2025- Le territoire de Mambasa, en Ituri, a été le théâtre, ce mercredi 13 août 2025, d’une manifestation citoyenne d’ampleur. La société civile Forces vives, avec le soutien de ses différentes composantes locales, a organisé une marche pacifique pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’inaction des autorités sécuritaires face à la persistance de l’insécurité.
Partis de plusieurs points de la cité, les manifestants ont convergé vers le bureau territorial, brandissant des pancartes et scandant des slogans appelant à un changement immédiat.
Dans un mémorandum lu publiquement devant la foule et remis ensuite à l’autorité territoriale, la société civile a exigé le départ du chef de poste local de l’Agence nationale de renseignements (ANR) ainsi que du commandant de la Police nationale congolaise (PNC).
Pour les organisateurs, ces responsables ont failli à leur mission de protéger la population et ses biens, laissant se multiplier les attaques armées, les braquages nocturnes et les cas d’extorsion.
Le coordonnateur de la société civile, Mungeni Yuma Imurani, a dénoncé l’inaction des forces de sécurité face à des incidents répétés dans plusieurs localités du territoire. Selon lui, les populations vivent désormais dans la peur permanente, craignant autant pour leurs vies que pour leurs moyens de subsistance.
L’administrateur policier du territoire, le commissaire supérieur principal Matadi Muyapandandi Jean-Baptiste, qui a réceptionné le mémorandum, a reconnu la légitimité des préoccupations exprimées. Il a néanmoins appelé la population au calme et à la retenue, tout en assurant que les revendications seraient transmises sans délai à la hiérarchie provinciale.
En signe de détermination, la société civile a annoncé le lancement de trois journées de « ville morte » à partir de ce jeudi. Elle affirme que cette action se poursuivra jusqu’à l’obtention de réponses concrètes et de mesures fermes pour rétablir la sécurité.
Ce nouvel épisode de mobilisation intervient dans un contexte sécuritaire tendu en Ituri, où les groupes armés locaux et étrangers continuent de menacer la stabilité, et où la confiance entre les habitants et les autorités est fragilisée par une succession d’attaques non élucidées.
Roger KAKULIRAHI

