Kinshasa, 12 septembre 2025- Les avocats de Jacky Ndala, détenu depuis novembre 2024 à la prison centrale de Makala, montent au créneau et exigent son transfert immédiat vers un centre hospitalier mieux équipé, notamment l’hôpital Ngaliema ou le Centre de Santé Nganda, afin qu’il bénéficie de soins appropriés.
Dans une correspondance adressée au Directeur du centre pénitentiaire de Makala, Maître Odudu Menga Jean-Pierre, l’un des conseils du détenu, alerte sur la gravité de l’état de santé de son client.
Selon lui, “son état se détériore de jour en jour, au risque d’aboutir à une situation fatidique et définitive dont la responsabilité incombera inévitablement à l’administration pénitentiaire”.
Placé en détention le 28 novembre 2024, l’opposant Jacky Ndala a été condamné à 30 mois de servitude pénale principale par le Tribunal de Paix de Kinshasa/Kinkole. Bien que sa condamnation soit devenue définitive avant l’ordonnance présidentielle du 30 décembre 2024 portant mesures collectives de grâce, ses avocats dénoncent le maintien en détention de leur client.
Ils rappellent par ailleurs que le Directeur de Makala avait déjà autorisé un transfert vers l’hôpital Sanatorium le 9 septembre dernier, ce qui prouve, selon eux, la reconnaissance par l’administration de la gravité de la situation.
D’après les examens médicaux effectués, l’infrastructure actuelle ne dispose pas des équipements nécessaires pour traiter son cas. Des actes comme l’IRM, le scanner encéphalique et cérébral, l’échographie cardiaque et rénale, ou encore un check-up complet s’avèrent impossibles à réaliser dans le cadre actuel.
Les conseils de Ndala invoquent l’article 16 de la Constitution du 18 février 2006, rappelant que “la personne humaine est sacrée et que l’État a l’obligation de la respecter et de la protéger”. Ils appellent le Directeur de Makala à “prendre ses responsabilités et user de son pouvoir discrétionnaire pour éviter que l’irréparable ne survienne”.
Ce dossier soulève une fois de plus la question du respect des droits humains en milieu carcéral en République Démocratique du Congo, où de nombreux détenus se plaignent de conditions de détention inadaptées et de l’absence de soins médicaux adéquats.
En attendant une décision de l’administration pénitentiaire, les proches et avocats de Ndala continuent de craindre le pire.
La rédaction

