Beni, 18 Septembre 2025 – La République démocratique du Congo vient de décrocher un financement de 8,24 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), à travers le Fonds pour les pays les moins avancés (FPMA). Ce soutien vise à renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique, particulièrement dans les provinces de l’Est du pays.
L’enveloppe, combinée à un cofinancement de près de 19 millions de dollars mobilisé par le gouvernement congolais et ses partenaires, servira à mettre en œuvre un projet quinquennal d’adaptation climatique. Intitulée Croissance résiliente et adaptation au changement climatique en RDC, l’initiative devrait bénéficier à quelque 30 000 personnes, dont la moitié sont des femmes.
Ce projet sera déployé dans trois provinces particulièrement vulnérables le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema. Régions montagneuses et boisées, elles sont déjà durement touchées par les changements climatiques, en plus de faire face à des défis persistants comme l’insécurité alimentaire, la pauvreté et l’instabilité.
Pilotée par le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’initiative vise notamment à renforcer la résilience du secteur agricole. Une attention particulière est portée aux communautés locales et aux peuples autochtones, y compris les Pygmées.
“La crise climatique menace la survie même des communautés dans l’Est de la RDC”, a déclaré Damien Mama, représentant résident du PNUD. Selon lui, ce projet entend lever les barrières qui freinent les femmes, les jeunes et les agriculteurs, en leur fournissant des moyens concrets d’adaptation face à un climat de plus en plus imprévisible.
L’approche repose sur trois axes : intégrer les risques climatiques dans les politiques locales, promouvoir une agriculture durable et améliorer la diffusion d’informations climatiques fiables. Des outils pratiques permettront aux agriculteurs d’anticiper les sécheresses, les inondations et les saisons agricoles de plus en plus irrégulières.
Environ 15 000 hectares de terres agricoles seront mis en culture selon des pratiques respectueuses du climat. Plus de 500 agriculteurs de référence recevront une formation et des semences améliorées. Objectif : renforcer leur capacité de production malgré les aléas climatiques.
Le projet prévoit également un appui ciblé aux femmes entrepreneures rurales. Celles-ci seront formées à développer des modèles d’affaires durables dans les domaines de la transformation et de la commercialisation des produits agricoles. Une manière de renforcer l’autonomie économique féminine, souvent limitée en milieu rural.
“En s’attaquant aux racines de la vulnérabilité, dégradation des écosystèmes, institutions fragiles, manque d’opportunités, cette initiative va au-delà de l’adaptation. Elle contribue aussi à la stabilité dans une région marquée par les conflits”, souligne Carlos Manuel Rodríguez, directeur général du FEM.
Le projet s’inscrit dans la stratégie climatique de la RDC, en appui au Plan national d’adaptation (PAN) et à sa contribution déterminée au niveau national (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris. Des échanges régionaux sont également envisagés avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi pour partager les bonnes pratiques.
Magloire TSONGO









