Beni, 19 Septembre 2025 – L’organisation “Alerte Congolaise pour l’Environnement et la lutte pour les Droits Humains”, (ACEDH) réagit sur le projet de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), qui a récemment lancé une procédure d’enregistrement des défenseurs des droits humains, avec pour objectif de créer un répertoire officiel en République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué exploité ce vendredi 19 septembre 2025 par Dépêche.cd ,l’ACDH asbl dénonce une mesure « dangereuse », « intrusive » et contraire aux engagements internationaux du pays. La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) de la RDC a récemment lancé une procédure d’enregistrement des défenseurs des droits humains (DDH), avec pour objectif de créer un répertoire officiel.
Selon l’ACEDH, cette mesure représente une menace directe pour la liberté d’association et de défense des droits, en particulier pour les militants environnementaux et les paysans engagés dans la protection des terres. Le risque d’un fichage institutionnel servant à surveiller, voire réprimer, les voix critiques est pointé du doigt. La procédure exige des DDH une série de documents sensibles dont la pièce d’identité, photos, rapports d’activités, lettres de recommandation et preuves d’existence légale.
Présentée comme une simple mesure de transparence, elle pourrait devenir, selon l’ACEDH, un outil de contrôle étatique ouvrant la voie à des sanctions, voire à l’interdiction d’exercer.
Au même moment, l’organisation rappelle que cette initiative n’a aucun fondement dans la Constitution ni dans la loi de juin 2023 censée protéger les DDH. Au contraire, cette loi garantit l’indépendance des défenseurs vis-à-vis de la CNDH. En imposant un enregistrement jugé « obligatoire » de facto, la CNDH risquerait d’enfreindre son propre mandat. Le communiqué de l’organisation évoque également un climat déjà délétère entre 2020 et 2022, 97 cas de harcèlement, d’arrestations arbitraires et de procès inéquitables contre des DDH ont été recensés. L’instauration d’un tel registre ne ferait, selon l’ACEDH, qu’aggraver la précarité de ceux qui œuvrent pour les droits humains sur le terrain.
Portée par Maître Olivier Ndoole Bahemuke, ayant déjà gagné plusieurs prix à l’international, l’ACDH asbl appelle à la suspension immédiate de cette opération. Elle plaide pour l’ouverture d’un dialogue national impliquant la société civile, les parlementaires et les bénéficiaires de la loi, en vue d’une réforme plus respectueuse des droits fondamentaux.
En outre, elle propose la mise en place d’une commission mixte entre les DDH et la CNDH, chargée de revoir le cadre juridique en tenant compte des standards internationaux. Elle appelle également les institutions judiciaires et le Parlement à se saisir du dossier pour garantir la conformité du dispositif avec la Constitution.
“La défense des droits humains est un pilier de la démocratie. Aucun système de fichage ne doit venir entraver cette mission”, a écrit Oliver Ndoole secrétaire exécutif.
Magloire TSONGO

