Kinshasa, 2 octobre 2025- Les démolitions des constructions anarchiques qui se multiplient à Kinshasa continuent de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Alors que de nombreuses familles dénoncent la brutalité de ces opérations, le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, a rappelé la détermination des autorités à restaurer l’ordre dans la capitale.
Le ministre a insisté sur la nécessité d’aller au-delà des simples actions d’assainissement menées par les balayeurs et services de voirie.
“L’assainissement de la ville n’est pas seulement nettoyer avec le balai, mais aussi démolir les constructions qui ne sont pas à leur place. C’est ici l’occasion de rappeler que, dès la semaine prochaine, nous allons saisir la justice pour exposer tous ceux qui, à travers leurs fonctions, posent des actes contraires à nos lois en donnant des autorisations de construire », a-t-il averti dans un document consulté par ACP.
Cette sortie intervient dans un climat tendu marqué par des scènes de désolation dans plusieurs communes de la capitale, où des maisons et commerces sont détruits par les bulldozers au nom du respect du plan urbanistique. Si certains habitants saluent une mesure nécessaire pour libérer les emprises publiques, d’autres crient à l’injustice, affirmant avoir construit grâce à des documents délivrés par les mêmes administrations aujourd’hui accusées de fraude.
En annonçant une saisine imminente de la justice, Léon Mulumba vise donc à remonter la chaîne de responsabilités et à sanctionner les agents publics qui auraient facilité, moyennant pots-de-vin ou abus de pouvoir, l’érection de bâtisses en violation des normes.
Pour beaucoup d’observateurs, cette décision pourrait constituer un précédent important : au-delà des démolitions visibles, c’est désormais la question de l’impunité et de la corruption administrative qui est mise sur la table. Reste à savoir si la justice suivra le rythme et si les véritables responsables seront effectivement inquiétés.
La rédaction









