Kinshasa, 2 octobre 2025 – Human Rights Watch (HRW) a dénoncé la condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila par la Haute cour militaire, estimant que cette procédure porte les signes d’une vendetta politique et menace l’avenir démocratique du pays.
L’ancien chef de l’État a été jugé par contumace le 30 septembre pour trahison et crimes de guerre. Mais HRW souligne que le procès s’est déroulé en violation du droit à un procès équitable, garanti par le droit international. Le tribunal militaire a condamné Kabila “sans avocat et en dehors des garanties de procédure régulière”.
HRW rappelle que la Commission africaine des droits de l’homme a déclaré que les tribunaux militaires “ne devraient, en aucun cas, avoir compétence sur les civils”.
Pour l’organisation, si les exactions commises sous les 18 années de pouvoir de Kabila doivent être sanctionnées, elles ne peuvent l’être au prix d’une instrumentalisation de la justice. La responsabilisation “perd tout son sens lorsqu’elle est recherchée au travers de procédures qui s’apparentent à des procès-spectacles”.
Le moment choisi interroge également. Joseph Kabila demeure une figure majeure de la politique congolaise, alors que le président Félix Tshisekedi fait face aux offensives du M23 dans l’Est du pays. HRW estime que les poursuites “ressemblent moins à une quête de justice qu’à une stratégie calculée pour éliminer un rival politique”.
Human Rights Watch met en garde contre un précédent dangereux. (Priver un ancien président des garanties élémentaires d’une procédure régulière “envoie un message inquiétant : d’autres opposants politiques pourraient subir un traitement similaire”.
L’organisation appelle la RDC à bâtir des institutions judiciaires solides, capables de juger les responsables d’exactions passées et présentes sans ingérence politique.
Le procès de Kabila “n’est pas un triomphe de la justice, mais un signal d’alarme annonçant une dérive autoritaire croissante”, conclut HRW.









