Mambasa, 16 Octobre 2025 : À Mayuano, un petit village de la chefferie de Babila-Bakwanza, dans le territoire de Mambasa (Ituri), la peur grandit de jour en jour. Depuis quelques jours, des habitants rapportent la présence d’hommes armés dans les forêts proches de l’agglomération, des individus que la population assimile aux rebelles ADF.
D’après les informations recueillies par la société civile Forces Vives de Mayuano, ces hommes ont été vus mercredi 15 octobre 2025 dans la zone de Matembu, à environ une heure de marche du village, en direction de Mangina-Pori.
“J’étais en route pour aller au champ récupérer des braises. En chemin, j’ai rencontré des hommes armés qui m’ont demandé le jeton. Ils m’ont dit : nous sommes ceux qui font payer des jetons du côté de Lolwa et Mungamba ; maintenant nous sommes ici dans votre zone. Ils m’ont ensuite emmené chez leur chef, un homme avec de longues barbes. J’ai aussi vu des civils qui transportaient pour eux des biens. Après cela, ils m’ont libéré, et je suis rentré par un autre chemin. C’était vers Matembu, environ une heure de marche vers Mangina-Pori”, témoigne un habitant, rescapé d’une rencontre avec ces hommes armés.
Ce témoignage, relayé par la société civile, illustre la montée de la peur dans cette communauté agricole isolée. Certains habitants redoutent que cette présence soit le signe d’une extension des activités de ces groupes armés dans la région.
Face à cette situation, André Kakule Kibali Stevin, président de la société civile Forces Vives de Mayuano, appelle la population à la prudence et à la vigilance. Il demande aux habitants de signaler sans délai toute présence suspecte et invite les autorités à accorder une attention soutenue aux alertes venues du terrain.
Pour l’heure, aucun incident majeur n’a été signalé, mais la tension reste vive dans cette partie du territoire de Mambasa où la population se sent de plus en plus menacée. Dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs habitants des quartiers périphériques ont préféré quitter leurs habitations pour passer la nuit dans le centre du village, jugé plus sécurisé.
Roger KAKULIRAHI

