Bunia, le 28 octobre 2025 – En province de l’Ituri, dans l’Est de la République démocratique du Congo, le prix du cacao a connu une chute spectaculaire ces derniers jours. Sur les marchés locaux, le kilogramme de cette denrée, principalement cultivée dans les territoires d’Irumu et de Mambasa, est passé de 20 000 francs congolais à 6 000 francs.
Interrogé par la presse, Kambale Dieudonné, agronome territorial au sein de l’entreprise ESCO Kivu, l’une des sociétés officiellement agréées pour l’achat du cacao, a avancé plusieurs raisons expliquant cette baisse de prix, notamment le retour de la Côte d’Ivoire sur le marché international.
“Chers journalistes, plusieurs facteurs expliquent la baisse du prix du cacao. D’abord, le retour de la Côte d’Ivoire dans la production : entre 2022 et 2024, les plantations ivoiriennes étaient peu productives, ce qui avait entraîné une pénurie mondiale. Aujourd’hui, avec la reprise de la production en Côte d’Ivoire suivie du Ghana, premier producteur mondial les volumes ont fortement augmenté. Ensuite, nous faisons face à des problèmes climatiques, car la déforestation est désormais strictement encadrée. Enfin, il y a la question de la fermentation : récemment, l’Union européenne a critiqué la qualité du cacao congolais, souvent jugé non ou mal fermenté ”, a-t-il expliqué.
Cette chute du prix du cacao tombe comme un coup de massue pour les cultivateurs de la région. Sur le terrain, nombre d’entre eux se disent découragés et inquiets pour leurs projets agricoles, durement affectés par cette crise.
Face à cette situation, Kambale Dieudonné appelle les producteurs au calme et les exhorte à suivre les formations agricoles relatives à cette culture, tout en respectant les normes de fermentation afin d’améliorer la qualité du cacao congolais sur le marché international.
Denis MUNGURIEK AN









