Mambasa, 31 Octobre 2025- Des affrontements ont été signalés depuis 8 heures du jeudi 30 octobre 2025 entre les groupes d’autodéfense Wazalendo et les combattants ADF dans le groupement Bapwele, chefferie des Babila Bakwanza, territoire de Mambasa en Ituri. Les incidents concernent particulièrement les agglomérations de Sidongo, Matembu, Tikwi, Bahanga et Mabangoya, autour des villages de Mayuano et Bango.
Selon plusieurs agriculteurs présents dans la zone, les ADF circulaient librement depuis la veille, imposant le paiement de jetons — une taxe illégale — et tentant de forcer la conversion religieuse des habitants, plongeant la population dans la peur et l’incertitude.
Sur la colline de Bakasa, à environ une heure de marche de Mayuano et Bango, une attaque a ciblé les positions des jeunes Wazalendo dans la matinée. À court de munitions, ces derniers se sont repliés face à un ennemi décrit comme lourdement armé et en effectif important. Un bilan provisoire fait état de deux blessés parmi les Wazalendo, selon des témoins et agriculteurs sur place.
Pour André Kakule Kibali Stevin, représentant de la Société civile Forces Vives cellule Bapwele–Mayuano, la pression actuelle est accentuée par les opérations conjointes FARDC–UPDF dans le groupement voisin de Bayaku, repoussant les ADF vers Bapwele.
“Il est indispensable que les FARDC interviennent rapidement ici, avec la même stratégie conjointe, afin de protéger la population”, affirme-t-il, rappelant les attaques du 1er octobre 2022 à Mayuano et du 22 octobre 2022 à PK26.
De son côté, Me Jospin Paluku Mbowa, de la Nouvelle Société Civile Congolaise, déplore le manque de forces loyalistes dans ce secteur sensible.
“La carence des militaires inquiète la population alors que la menace est clairement visible”, avertit-il.
Les deux représentants de la société civile appellent également les habitants du groupement Bapwele à rester vigilants et à collaborer pour renforcer la sécurité communautaire en attendant un déploiement rapide des FARDC.
La situation reste évolutive et pourrait nécessiter des interventions supplémentaires pour sécuriser les villages touchés.
Roger KAKULIRAHI

