Beni, 14 Novembre 2025 – Dans la ville commerciale de Butembo, au Nord-Kivu, dans l’Est du pays, une marche pacifique a réuni vendredi 14 novembre plusieurs centaines d’étudiants issus des institutions de la ville et du territoire de Lubero. Le cortège rendait hommage à Kavira Vyaghula Rosette, étudiante à l’ISTM-Butembo, tuée par balle deux jours plus tôt, selon les organisateurs, par un membre d’un groupe Wazalendo.
Parties du rond-point Nziyapanda, les délégations étudiantes ont convergé vers la mairie, brandissant des pancartes dénonçant l’insécurité et réclamant des réponses des autorités. À l’hôtel de ville, une délégation de la Représentation des étudiants du Congo (REC), section Butembo-Lubero, a lu un mémorandum adressé aux responsables politico-administratifs. Les représentants y formulent cinq exigences majeures dont l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire, l’arrestation de l’auteur présumé du meurtre, le renforcement de la sécurité autour des établissements académiques, l’éloignement des groupes armés des sites universitaires, et une prise de position claire des autorités sur les mesures à venir.
Pour les étudiants, ce drame s’inscrit dans un climat d’insécurité devenu endémique. La mort de la jeune femme, décrite comme « un meurtre de trop », ravive les inquiétudes d’une jeunesse régulièrement confrontée aux violences armées dans une région où l’État peine à rétablir son contrôle. « La vie d’un étudiant n’est pas négociable », a rappelé le coordonnateur de la REC, appelant le gouvernement à garantir un environnement propice à l’apprentissage.
Après la cérémonie à la mairie, le cortège funèbre a accompagné le corps de la défunte jusqu’à Kagheri, où elle devait être inhumée. Pour de nombreux participants, cette mobilisation marque un tournant : celui d’une interpellation directe des décideurs face à une violence qui ne cesse de s’étendre. « La balle est désormais dans le camp des autorités », résument les étudiants, décidés à maintenir la pression jusqu’à obtenir des engagements concrets.
Magloire TSONGO









