Mambasa, 21 novembre 2025- Le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, continue d’être ravagé par des violences d’une gravité exceptionnelle. Ce jeudi, la localité de Matoto a été la cible d’une nouvelle attaque attribuée aux rebelles ADF, laissant derrière elle au moins 25 civils tués, selon des sources locales présentes sur le terrain.
Cette attaque intervient alors que la région traverse une période particulièrement meurtrière. Entre le 10 et le 20 de ce mois, plus de 100 personnes ont été tuées dans la même zone par des assaillants qualifiés d’« égorgeurs » par plusieurs sources locales, qui décrivent des incursions répétées, violentes et ciblant des villages isolés.
Le massacre de Matoto ravive le traumatisme encore récent de Byambwe, où 25 civils avaient été tués dans des circonstances similaires. Pour de nombreux habitants, ces attaques démontrent un effondrement accéléré de la sécurité dans le sud du territoire de Lubero.
La situation fait réagir plusieurs acteurs politiques et communautaires. L’ancien député national du Nord-Kivu, Promesse Matofali, dénonce ce qu’il qualifie d’inaction des autorités et pointe « l’incompétence du régime Tshisekedi » dans la gestion de la crise sécuritaire. Il condamne également le silence coupable du gouvernement, malgré la recrudescence des massacres.
Les organisations de la société civile alertent, elles aussi, sur une population à bout de souffle, contrainte de vivre dans la peur d’une nouvelle attaque. Elles appellent à une réponse urgente, coordonnée et efficace, estimant que les dispositifs actuels, y compris sous l’état de siège, n’apportent aucune amélioration tangible.
À ce jour, aucune communication officielle des autorités provinciales ou militaires n’a été faite au sujet de l’attaque de Matoto. Pendant ce temps, le territoire de Lubero s’enfonce dans une spirale de violence qui semble loin de se résorber.
Roger KAKULIRAHI









