Bunia, 15 décembre 2025 – En Ituri, la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre (VSBG), y compris les violences numériques, enregistre des avancées notables grâce aux actions conjointes de la MONUSCO et de ses partenaires. Toutefois, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et l’impunité, ces violences continuent d’affecter gravement les femmes, les filles et les jeunes.
À l’occasion des 16 jours d’activisme contre les VSBG, célébrés du 25 novembre au 10 décembre 2025, plusieurs activités de sensibilisation ont été organisées à Bunia afin d’alerter l’opinion sur l’ampleur et les conséquences de ces violences.
“ En Ituri, comme dans l’ensemble de la RDC, ces violences sont aggravées par les conflits armés, l’insécurité et l’impunité ”, souligne Dieumerci Muhindo Nyasiro, coordonnateur de l’Association des Jeunes Chrétiens Congolais (AJCC).
C’est dans ce cadre que la MONUSCO, en partenariat avec l’AJCC, United for Children’s Smile (UFCS) et l’OEDFE, a organisé, le 12 décembre 2025, une conférence-débat à l’Université anglicane du Congo (UAC), à Bunia, sous le thème : “ Ensemble, mettons fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles ”.
La rencontre a réuni 163 participants, dont 15 femmes, un chiffre révélateur de la faible participation féminine dans les espaces de débat et de décision.
Les échanges ont mis en lumière les conséquences graves des violences numériques, notamment le harcèlement, l’escroquerie et le chantage en ligne. Un témoignage rapporté par Sarah Kasime Kamuhanda, étudiante à l’UAC, illustre cette réalité : celui d’une jeune fille victime d’une escroquerie en ligne, contrainte d’abandonner ses études après avoir perdu l’argent destiné à sa scolarité.
“ Ces violences détruisent la dignité humaine, fragilisent le tissu social et compromettent la paix et le développement ”, insiste Dieumerci Muhindo Nyasiro, appelant à une mobilisation accrue pour la protection des personnes vulnérables.
À l’issue de la conférence, plusieurs jeunes participants ont exprimé leur engagement à adopter un usage plus responsable des réseaux sociaux.
“ Il faut protéger sa vie privée et signaler toute forme de harcèlement ”, a notamment déclaré Sarah.
De son côté, Alain Rubenga, de la Section Genre de la MONUSCO à Bunia, rappelle que la RDC dispose d’un code du numérique qui pénalise le partage malveillant d’informations privées ou d’images intimes. Il appelle à une responsabilité collective pour mettre fin aux violences numériques, qui touchent particulièrement les femmes et les jeunes filles.
Malgré les progrès enregistrés, les acteurs engagés estiment que la lutte contre les violences sexuelles et numériques en Ituri nécessite une vigilance permanente et une action coordonnée afin de garantir un environnement sûr, respectueux et protecteur pour tous.
Denis MUNGURIEK

