Kinshasa, 18 décembre 2025- Clôturant l’atelier national sur l’enrichissement et la validation de la cartographie des inégalités socio-économiques, tenu du 17 au 18 décembre à Kinshasa, Jacques Ilunga, coordonnateur national de l’Observatoire national d’aménagement du territoire (ONAT), a martelé sur la nécessité d’appliquer des sanctions contre toute personne qui sape les efforts de planification spatiale en République démocratique du Congo.
Au regard des enjeux actuels liés à l’aménagement du territoire, il a estimé qu’il n’est plus tolérable de continuer à violer les outils de planification existants.

“Nous devons vivre dans un pays où tout est codifié. Chacun doit savoir où il se trouve : qu’est-ce qui est prévu là où je suis ? Suis-je dans une zone à haut risque, une zone rose, rouge ou orange, et que peut-on y développer ?”, a-t-il expliqué.
Et de poursuivre : “C’est pour cela qu’en amont, l’ONAT met à disposition toutes les données nécessaires afin qu’en aval, avec son corps d’inspecteurs, ceux qui refusent de respecter les outils de planification spatiale soient traqués, d’autant plus qu’ils ont été suffisamment informés”.

Trois secteurs clés ont été au cœur de cet atelier consacré aux inégalités socio-économiques : les infrastructures, la santé publique ainsi que l’éducation et la formation. Les participants ont convenu de l’élargissement du champ d’analyse afin de fournir aux autorités une cartographie plus exhaustive, capable de mieux orienter des décisions publiques pertinentes et précises.
“Nous avons travaillé sur trois variables et plusieurs indicateurs. Mais notre ambition est d’aller plus loin, en intégrant l’ensemble des besoins sociaux de base : infrastructures, environnement, économie, social, culture, emploi, et même la masculinité positive prônée par le chef de l’État. Nous devons spatialiser toutes ces données afin de les transformer en renseignements utiles pour aider les autorités à prendre des décisions idoines avec précision”, a-t-il ajouté.

Il a indiqué après l’intégration des amendements, le document enrichi et validé sera remis dans plus au moins deux semaines à l’autorité de tutelle pour une large vulgarisation.
De son côté, Kongolo Armel, chef de division ayant également pris part aux travaux, a indiqué que l’étude menée dans la province de la Tshuapa, l’une des huit provinces pilotes, a mis en lumière de profondes inégalités, notamment en matière d’infrastructures routières et sanitaires.
“Nous espérons qu’à travers ces études, l’État congolais disposera d’un véritable tableau de bord lui permettant d’orienter de manière rationnelle ses investissements”, a-t-il souligné.
Plusieurs recommandations ont été formulées à l’issue de cet atelier, notamment le renforcement des capacités des agents à travers des programmes de formation sur la collecte et l’analyse des données liées aux inégalités, le développement de la collaboration intersectorielle ainsi que la mise en place d’un mécanisme efficace de suivi-évaluation.
Pour rappel, l’ONAT est un service public technique et scientifique chargé de l’aménagement du territoire. Il a, entre autres missions, la production et la mise à disposition de la cartographie des inégalités socio-économiques sur l’ensemble du territoire national.
Cédric BEYA

