Beni, 8 janvier 2026- La situation sécuritaire dans la chefferie de Babila Bakwanza, en territoire de Mambasa (province de l’Ituri), demeure préoccupante. Alors que les populations locales ont scrupuleusement respecté les mesures sécuritaires interdisant l’accès aux zones sous contrôle des rebelles ADF, elles sont aujourd’hui victimes d’un phénomène alarmant : le pillage systématique de leurs produits champêtres.
Selon la CRDH Mambasa, des individus mal intentionnés profitent de l’absence des cultivateurs pour s’introduire dans les champs et emporter d’importantes quantités de récoltes, notamment du cacao. Ces actes se dérouleraient à partir de ports clandestins non contrôlés, utilisés comme couloirs de sortie des produits volés.
Parmi les points de passage cités figurent notamment le port de Kalisanga, le port de Kitsiva vers Lisoma, celui de chez Lidja, ainsi que le port de Camp Lolwa. La CRDH évoque également de graves soupçons de complicité de certaines autorités civiles locales, ce qui fragilise davantage la confiance de la population. Un cas récent illustre cette dérive : mardi dernier, un groupe de présumés voleurs a été intercepté par des civils avec 12 colis de cacao.
Selon la CRDH, leur libération aurait été conditionnée au paiement de 1 000 dollars américains, avant qu’ils ne soient autorisés à poursuivre leur route. Face à cette situation, les organisations locales de défense des droits humains alertent sur le risque d’un appauvrissement total des ménages déplacés, déjà durement éprouvés par l’insécurité imposée par les ADF. Plusieurs familles craignent de retrouver leurs champs totalement pillés lorsqu’elles pourront regagner leurs villages.
La CRDH Mambasa, par la voix de Ram’s Malikidogo, lance un appel pressant aux autorités militaires pour l’élargissement urgent des opérations de sécurisation dans toute la chefferie de Babila Bakwanza. L’organisation plaide également pour l’installation de positions FARDC–UPDF dans des localités stratégiques telles que Eta Crédit, Matolo, Bandenge et Sita Rudi, afin de permettre un retour progressif et sécurisé des populations déplacées.
En attendant, plusieurs déplacés font déjà face à d’autres fléaux dans leurs zones d’accueil, sans assistance humanitaire adéquate, ce qui aggrave davantage leur vulnérabilité sociale et économique.
Roger KAKULIRAHI









