Affaire PayServices Bank : quand l’État résiste à la manipulation et protège l’argent public (Par Jean Thierry Monsenepwo)

Kinshasa, 14 janvier 2026- Depuis plusieurs jours, certains médias étrangers, relayant des narratifs approximatifs et orientés, tentent d’installer l’idée d’un prétendu scandale financier impliquant des membres du Gouvernement congolais dans le dossier PayServices Bank. La réalité est tout autre.

Ce dossier ne révèle ni détournement, ni corruption, ni embarras d’État.
Il révèle au contraire un État qui tient debout, un Trésor public qui résiste, et un ministère des Finances vigilant, rigoureux et souverain.

Les faits sont simples et têtus

PayServices Bank, présentée comme une banque de paiement en ligne, est en réalité une structure de droit américain dont le statut bancaire était déjà formellement contesté et interdit par plusieurs autorités de son propre pays : commissions bancaires étatiques, Réserve fédérale, autorités judiciaires fédérales. Ces décisions graves, motivées notamment par des risques d’activités illicites, existaient avant même que la demande de paiement ne soit introduite auprès de l’État congolais.

Ces informations n’avaient jamais été communiquées aux autorités congolaises lors de la signature du protocole d’accord sous le gouvernement précédent. Elles n’ont été établies qu’au moment où le dossier est arrivé, pour examen, au ministère des Finances.

C’est là que l’État a fait son travail

Sous l’autorité du ministre Doudou Fwamba, les services compétents ont procédé aux vérifications légales, financières et institutionnelles. Le résultat fut sans équivoque : le paiement réclamé était juridiquement impossible.

Impossible, d’abord, parce qu’aucun État sérieux ne peut engager des fonds publics au profit d’une entité interdite d’exercer l’activité qu’elle revendique par les autorités de son propre pays.
Impossible, ensuite, parce que le protocole invoqué violait la loi congolaise sur les finances publiques : seul le ministre ayant les Finances dans ses attributions est habilité à engager l’État dans une prise de participation, après avis du ministère du Budget.
Impossible, enfin, parce qu’aucune loi votée par le Parlement n’autorisait une telle opération.

Dans ce dossier, le Trésor public n’a pas bloqué un investissement.
Il a refusé une irrégularité manifeste.
Il a protégé l’argent du peuple congolais.

C’est précisément cela que certains voudraient aujourd’hui transformer en scandale : le fait que l’État ait dit non.
Non à l’illégalité.
Non aux montages opaques.
Non aux pressions, y compris médiatiques.

Je tiens ici à saluer la vigilance, la lucidité et l’autorité du ministre des Finances, Doudou Fwamba, qui incarne une rupture claire : celle d’un État qui ne signe plus à l’aveugle, qui ne paie plus sans base légale, qui ne transige plus avec les règles.

La République démocratique du Congo reste ouverte aux investisseurs sérieux, crédibles et respectueux du droit. Mais elle ne sera plus jamais une terre de complaisance. La transparence et la légalité ne sont pas des obstacles au développement ; elles en sont la condition.

Dans un pays longtemps fragilisé par les détournements et les arrangements obscurs, refuser un paiement illégal n’est pas une faute.
C’est un acte de souveraineté.
Et c’est exactement ce qui s’est passé dans l’affaire PayServices Bank.

Ambassadeur PCA
Jean-Thierry MONSENEPWO

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