Kinshasa, 26 février 2026- Le réhabilitation du capitaine Antony Mualushayi à ses fonctions au sein de la 11ᵉ région militaire ne constitue pas un simple mouvement administratif. Pour de nombreux habitants de Kwamouth et des localités voisines, il symbolise une possible avancée vers la manifestation de la vérité dans la crise qui ensanglante l’ouest du pays.
Rappelé à Kinshasa, depuis 2 mois, après des déclarations publiques sensibles sur le phénomène Mobondo, l’officier avait suscité un vif débat en évoquant l’existence de complicités et de soutiens insoupçonnés. Son audition par la hiérarchie militaire avait alors alimenté toutes les spéculations. Pour certains, il s’agissait d’une sanction déguisée pour les uns, d’autres par contre c’était une étape nécessaire d’un processus de vérification.
Sa réhabilitation change aujourd’hui la perception. Dans les milieux locaux, elle est interprétée comme le signe que ses propos n’ont pas été balayés d’un revers de main. “Cela prouve que la lumière est en train de se faire”, confie un notable de la région, estimant que la justice militaire a choisi d’examiner les faits plutôt que de faire taire les alertes.
À Kwamouth, l’un des foyers majeurs des affrontements, les autorités coutumières parlent d’un “signal fort”. Pour elles, le retour du porte-parole des opérations Ngemba redonne confiance aux populations, longtemps prises entre violences armées, déplacements forcés et incertitudes sur les responsabilités réelles derrière le mouvement Mobondo.
Au-delà de l’émotion suscitée, l’enjeu est désormais institutionnel. Si l’État autorise la reprise de fonctions d’un officier ayant publiquement dénoncé des ramifications sensibles, cela suppose qu’un travail d’enquête a été mené. La question qui se pose n’est plus seulement celle des exactions commises sur le terrain, mais celle des éventuels réseaux de soutien, qu’ils soient politiques, logistiques ou militaires.
Sur le plan sécuritaire, les opérations de pacification se poursuivent dans plusieurs zones instables. Des redditions ont été enregistrées et des armes récupérées, traduisant une volonté de reprise en main progressive. Mais pour les victimes, la paix durable ne pourra s’installer sans vérité complète et sans poursuites crédibles contre tous les responsables, quel que soit leur statut.
Le retour du capitaine Mualushayi apparaît ainsi comme une étape charnière. Il ne met pas fin à la crise, mais il ravive l’espoir que celle-ci soit traitée avec transparence et fermeté. À Kwamouth, beaucoup y voient le début d’un processus plus profond : celui d’une justice capable d’aller jusqu’au bout, au nom des communautés meurtries.









