Kinshasa, 17 mars 2026- Le musée d’art contemporain et multimédia, extension des Musées nationaux du Congo, situé à l’Échangeur, dans la commune de Limete, a servi de cadre, samedi 13 mars, au vernissage de l’exposition intitulée “Elima Nobody”, réalisée par les artistes Christ Mukenge et Schellhammer.
La coupure du ruban marquant l’ouverture de la salle d’exposition a été effectuée par Franklin Mubuabue, représentant du directeur général du Musée national.

Prenant la parole, le directeur du MACM (musée d’art contemporain et multimédia), Joël Kenda, a salué la coopération entre son institution, le Goethe-Institut et le centre culturel allemand de Giessen, qui a permis la réalisation de cette exposition prévue du 13 mars au 1er mai 2026. L’entrée est gratuite, a-t-il précisé.

S’agissant de l’exposition “Elima Nobody”, il a indiqué qu’elle exprime l’unité et la force du vivre-ensemble du duo Christ Mukenge et Schellhammer, à travers le courant du partagisme.
“L’œuvre est réalisée par les deux artistes sans que l’on puisse distinguer la part de chacun. C’est ce qui justifie l’appellation “Nobody”. On ne sait pas qui a fait quoi. Ce travail traduit une expression artistique marquée par une esthétique forte, une dynamique mêlant médias et audiovisuel interactif, ainsi qu’une véritable contemplation des beaux-arts, illustrant la confiance entre les artistes”, a-t-il expliqué.

Par ailleurs, Nadia Ismail, directrice de Kunsthalle Giessen, a annoncé que la deuxième partie de cette exposition se tiendra au mois d’août prochain dans la ville de Giessen, en Allemagne.
Cette activité, riche en œuvres d’art, s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment des représentants du Goethe-Institut, de l’attaché culturel de l’ambassade d’Allemagne, ainsi que de nombreux artistes et opérateurs culturels.

Le duo “partagiste” Mukenge/Schellhammer
Mukenge et Schellhammer forment un duo artistique dont les œuvres naissent d’un processus collaboratif continu, sans séparation claire entre les deux artistes. Leur travail évolue par superpositions et interactions, en restant ouvert, tout en mêlant peinture et numérique.

Ils remettent en question l’idée d’auteur unique en créant une entité autonome appelée le DUO, qui agit comme une « troisième voix ». Ce concept interroge les notions d’identité, de pouvoir artistique et critique la vision traditionnelle du génie individuel.
Par ailleurs, le partagisme, théorisé par Christ Mukenge, est défini comme “un mouvement de pratique radicalement collectif à Kinshasa, fondé en 2014 par des artistes en collaboration avec des étudiant·e·s de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Le terme dérive du verbe “partager” et devient, par l’ajout du suffixe -isme, une théorie de l’auctorialité collective”.

Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa en peinture et en céramique, Christ Mukenge travaille aux côtés de Lydia Schellhammer, qui a étudié à l’université d’Augsbourg ainsi qu’à l’Académie des Beaux-Arts. Le duo vit et travaille entre Kinshasa et le Brandebourg, en Allemagne, et est représenté par la galerie Barbara Thumm à Berlin.

Cédric BEYA

