Goma : Une militante des droits humains visée par des menaces répétées

Beni, 28 mars 2026 – La situation de Madame Mwadjuma Maimuna Kieta Christine, activiste des droits humains et membre de l’ONG ARJPDH, suscite une vive préoccupation. Depuis plusieurs semaines, cette figure engagée fait l’objet de menaces de mort répétées, attribuées à des individus non identifiés se présentant comme affiliés à la rébellion de l’AFC-M23.

D’après plusieurs sources concordantes, ces menaces prennent la forme de messages anonymes particulièrement explicites. Leurs auteurs y évoquent sans ambiguïté leur intention d’« exterminer » la militante ainsi que les membres de sa famille. Ces intimidations seraient directement liées à ses activités de documentation et de dénonciation de graves violations des droits humains, notamment à travers des rapports réalisés en collaboration avec d’autres membres de son organisation.

Sur le terrain, le climat est marqué par une peur constante. L’activiste vivrait désormais dans la clandestinité, tout comme certains de ses proches. Parmi les personnes également recherchées figurent Neza Umutoni Kieta, Lubunga Ngoy Kieta et Kieta Mulumba Amanny, eux aussi contraints de se cacher pour leur sécurité.

L’enquête met également en lumière un épisode particulièrement alarmant survenu le 20 janvier 2026. Selon les éléments recueillis, des hommes armés ont fait irruption au domicile de la défenseure avec l’intention déclarée de s’en prendre à sa famille. Absente au moment des faits, elle aurait échappé à l’attaque. En revanche, son mari, présent sur les lieux, a été enlevé. Depuis, il demeure introuvable. La maison a été saccagée et des douilles de cartouches ont été retrouvées, attestant de la violence de l’intervention.

Cet incident marque un tournant dans l’escalade des menaces visant la militante. Il soulève également de sérieuses interrogations quant à la capacité des autorités à assurer la protection des défenseurs des droits humains dans un contexte d’insécurité persistante et d’impunité dénoncée par plusieurs observateurs.

Face à ces faits, les appels à une réaction se multiplient. Plusieurs voix s’élèvent pour exiger l’ouverture d’une enquête indépendante, l’identification des responsables et la mise en place de mesures de protection immédiates pour la victime et son entourage.

Au niveau international, des recommandations appellent à un engagement plus ferme en faveur de la sécurité des défenseurs des droits humains, notamment à travers des mécanismes de protection renforcés et une pression diplomatique accrue sur les autorités concernées.

Les organisations de la société civile, quant à elles, sont invitées à poursuivre leurs efforts de documentation, à soutenir la victime sur les plans juridique, psychologique et sécuritaire, et à intensifier leur plaidoyer à l’échelle régionale et internationale.

Au-delà du cas individuel de Madame Mwadjuma Maimuna Kieta Christine, cette affaire met en lumière les risques croissants auxquels sont exposés les défenseurs des droits humains. Elle rappelle, une fois de plus, l’urgence de garantir leur protection dans des environnements où leur engagement continue de déranger.

Magloire TSONGO

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