Mambasa, 30 mars 2025- La situation sécuritaire continue de se détériorer dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, où une série d’attaques et de prises d’otages est signalée ces derniers jours dans les zones de Muchanga, Muchacha et Babila Bakwanza. Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, plus de 380 civils, majoritairement des agriculteurs, ont été enlevés dans les forêts de Babila Bakwanza, précisément autour des villages Bangungwe, Masiliko, Mabukulu et Bengasoli.
Ces exactions sont attribuées aux rebelles des Allied Democratic Forces, dont la présence est de plus en plus signalée sur l’axe stratégique Mambasa–Komanda. Face à cette situation jugée « alarmante », le député national et ancien gouverneur de l’Ituri, Abdallah Penembaka, est monté au créneau. Joint au téléphone, l’élu de Mambasa dénonce une insécurité grandissante et appelle à une réaction urgente des services de défense et de sécurité.
Il plaide notamment pour des opérations militaires d’envergure afin de neutraliser les éléments ADF, tout en insistant sur le renforcement des effectifs des FARDC et une meilleure coordination des opérations conjointes avec l’armée ougandaise (UPDF). Dans la même intervention, Abdallah Penembaka déplore l’attitude de certains responsables sécuritaires, qu’il accuse de réagir par des attaques personnelles lorsque leur mission est remise en question.
Le député Nationale évoque notamment des tensions avec le porte-parole des opérations militaires en Ituri, après ses précédentes alertes sur la dégradation sécuritaire à Muchacha.
“La situation actuelle de Mambasa est trop alarmante. Lorsque nous rappelons leur mission à ceux qui doivent protéger la population, ils répondent par des injures. Il faut renforcer les effectifs et assurer une meilleure coordination entre les FARDC et l’UPDF. Nous ne demandons que la paix”, a-t-il déclaré.
Parallèlement, des acteurs de la société civile, dont John Vuleveryo, lancent une alerte maximale face à la gravité de la situation dans le groupement Bakwanza. Ils recommandent notamment à la population de redoubler de vigilance, d’éviter tout déplacement non essentiel et de signaler tout mouvement suspect.
Ces acteurs exhortent également les forces de défense à lancer immédiatement des opérations de traque et de sécurisation dans la zone, tout en demandant aux autorités politico-administratives de prendre des mesures urgentes pour protéger les civils. Ils interpellent enfin la communauté nationale et internationale sur le caractère critique et humanitaire de cette crise, rappelant que la vie de centaines de personnes reste en danger.
Alors que la situation demeure volatile, l’urgence d’une réponse rapide, coordonnée et efficace s’impose pour éviter le pire dans cette partie de la province de l’Ituri.
Roger KAKULIRAHI, à Mambasa

