Bunia, 30 mars 2026- La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, suscite une vive inquiétude au sein de la société civile. Dans une alerte rendue publique ce lundi 30 mars, Deogratias Bungamuzi Kukwabo dénonce une dégradation continue du climat sécuritaire et appelle à une mobilisation urgente à l’échelle nationale et internationale.
Selon cette alerte, une nouvelle incursion attribuée aux rebelles ADF a été signalée aux environs de 5 heures du matin, à seulement 11 kilomètres du centre de Mambasa, sur l’axe routier menant vers Bunia. L’attaque aurait été marquée par des pillages, des enlèvements de civils et des détonations d’armes lourdes, plongeant davantage la population dans un climat de peur et d’incertitude.
Dans son message, le président du Conseil provincial de la jeunesse d’Ituri décrit une population “asphyxiée”, déjà fragilisée par des années d’insécurité. L’accès aux champs étant fortement compromis, de nombreuses familles se retrouvent privées de leurs moyens de subsistance, aggravant ainsi leur vulnérabilité économique et sociale.
“Il est inadmissible que les ADF continuent de progresser presque sans obstacle visible”, s’indigne-t-il, dénonçant une situation où des communautés entières se sentent abandonnées malgré les promesses répétées de retour à la paix.
Tout en saluant les efforts des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), engagées sur plusieurs fronts dans des conditions souvent difficiles, l’acteur de la jeunesse estime que les dispositifs actuels restent insuffisants face à l’ampleur de la menace. Il plaide ainsi pour un changement d’approche, avec un renforcement des capacités opérationnelles et une stratégie plus offensive sur le terrain.
Au-delà du niveau local, Deogratias Bungamuzi Kukwabo appelle directement le gouvernement central à reconsidérer la lutte contre les ADF comme une priorité absolue. Il insiste sur la nécessité d’élever cette menace au rang des urgences nationales et internationales, au même titre que les violences attribuées à des groupes comme le M23 ou certaines coalitions armées actives en Ituri.
Enfin, il lance un appel à la vigilance à l’endroit de la population, en particulier de la jeunesse, invitée à collaborer étroitement avec les forces de sécurité.
“Le danger est réel et proche. Chacun doit jouer sa part”, conclut-il.
Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte où les attaques répétées des groupes armés continuent de mettre à rude épreuve les efforts de stabilisation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Denis MUNGURIEK AN

