Kinshasa, 30 mars 2026- Le président national du parti politique “Le Centre” Germain Kambinga a livré une analyse sans concession sur la situation politique et sécuritaire en RDC, mettant directement en cause l’ancien président Joseph Kabila. Selon lui, Kabila joue un rôle dans ce qu’il qualifie de “congolisation de l’agression rwandaise”, un mécanisme qui transforme un conflit extérieur en crise interne pour en brouiller la lecture et diluer les responsabilités.
Pour Kambinga, la présence de Kabila à Goma, une zone sous forte influence rwandaise, n’est pas neutre. “Être présent dans un espace contrôlé par des forces extérieures, c’est donner une façade interne à une crise dont les racines sont externes”, explique-t-il. Il dénonce ainsi un double danger. D’un côté, la manipulation politique du conflit (congolisation), et de l’autre, la fragmentation du pouvoir central qui en découle, ce qu’il appelle la “soudanisation”.
Par ailleurs, il ne ménage pas Kabila sur la question constitutionnelle : “Il se pose aujourd’hui en gardien intransigeant de la Constitution alors qu’il a exercé le pouvoir au-delà des délais légaux jusqu’en janvier 2019. Contradiction totale”.
Concernant la guerre dans l’Est, Kambinga insiste sur la dimension extérieure du conflit. Les rapports de l’ONU montrent l’implication des forces rwandaises et le soutien au M23. Selon lui, la présence de Kabila dans cette zone contribue à légitimer l’ingérence étrangère et affaiblit l’autorité de l’État, favorisant la fragmentation politique et territoriale du pays.
Il met également en garde contre les appels à un renouvellement politique hors cadre institutionnel. “On ne réforme pas un pays en détruisant ses institutions et en mettant ses citoyens en danger. L’histoire du Congo le prouve”.
Au finish, Kambinga lance un avertissement clair. “Servons-nous la République… ou contribuons-nous, consciemment ou non, à l’affaiblir ? Le moment n’est pas aux ambiguïtés ni aux pompiers pyromanes. Il est à la clarté et à la responsabilité !”.
Avec ces déclarations, Kambinga met Kabila directement sur la sellette tout en relançant le débat sur l’ingérence étrangère, la cohésion nationale et les risques de fragmentation politique en RDC.
La Rédaction

