Kinshasa, 3 avril 2026- À l’Assemblée nationale, la question de la protection de l’environnement dans le secteur minier revient au cœur du débat public. Le député national Eric Tshikuma Mwimbayi a récemment adressé une question d’actualité à la Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, afin d’évaluer l’efficacité des mécanismes existants face aux défis persistants de la pollution minière en République Démocratique du Congo.
Dans sa réaction, l’élu salue des réponses “claires et précises” de la Ministre, tout en soulignant l’urgence de passer des engagements aux actions concrètes.

Selon lui, le Gouvernement reconnaît l’existence de dispositifs légaux et réglementaires encadrant la prévention des pollutions liées aux activités minières. Ces mécanismes sont jugés fonctionnels, mais encore insuffisants face à l’ampleur des enjeux. Le député insiste notamment sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différentes institutions impliquées, en particulier dans une approche interministérielle plus cohérente.
Par ailleurs, en application des instructions du Président de la République, une Commission nationale ad hoc a été mise en place au sein du ministère de l’Environnement. Cette structure est chargée de veiller au respect strict des normes environnementales par les entreprises minières opérant dans le pays.

Mais au-delà des avancées institutionnelles, les défis restent nombreux. Eric Tshikuma met en avant la faiblesse des mesures de contrainte à l’égard des pollueurs, ainsi que le manque de clarté dans la répartition des responsabilités entre le ministère des Mines et celui de l’Environnement. Il appelle à un renforcement des sanctions et des mécanismes de réparation pour garantir une véritable justice environnementale.
Concernant la transparence, la Ministre s’est engagée à produire un rapport exhaustif sur les entreprises minières en infraction. Si quelques cas récents de sanctions ont été évoqués, le député attend désormais un document global, susceptible d’éclairer la représentation nationale et l’opinion publique.

Pour Eric Tshikuma, les efforts en cours doivent être intensifiés. Il prévient que les élus nationaux seront particulièrement vigilants quant à la mise en œuvre effective des engagements annoncés par le Gouvernement.
“Au-delà des textes et des discours, derrière chaque situation de pollution, il y a des villages, des familles, des enfants et tout un écosystème en danger”, rappelle-t-il, insistant sur la responsabilité morale et institutionnelle des autorités.
Ce dossier sensible, au croisement de l’économie minière et de la protection de l’environnement, s’impose désormais comme un test de crédibilité pour l’action gouvernementale en République Démocratique du Congo.

