Mambasa, 3 avril 2026- La recrudescence de l’insécurité dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, a franchi un nouveau seuil d’alerte après une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des ADF dans la localité de Bafwakoa. Face à l’ampleur des violences et à la controverse autour du bilan humain, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) annoncent le renforcement de leur présence militaire dans cette zone stratégique.
Selon le communiqué officiel publié le 2 avril 2026 à Bunia, l’armée fait état d’un bilan de 43 civils tués, 44 maisons incendiées ainsi que d’importants dégâts matériels, notamment un camion-benne et cinq motos endommagées. L’attaque a visé la localité de Bafwakoa, située en chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, province de l’Ituri, sans autres précisions géographiques dans la version officielle.
Toutefois, ce bilan est contesté par plusieurs sources locales. Des acteurs de la société civile et des défenseurs des droits humains avancent un chiffre avoisinant la cinquantaine de victimes, voire plus, évoquant une situation chaotique ayant rendu difficile le comptage exact des corps. Cette divergence alimente une controverse persistante autour du nombre réel de civils tués lors de cette incursion.
Sur le terrain, les témoignages décrivent une attaque d’une rare brutalité, marquée par des exécutions de civils, l’incendie de nombreuses habitations et la destruction de biens. Des familles entières ont été décimées, tandis que des survivants ont fui vers des zones jugées plus sûres, abandonnant derrière eux leurs moyens de subsistance. Dans d’autres entités du territoire de Mambasa, notamment en chefferie de Bakwanza, des cas d’enlèvements de civils sont également signalés, aggravant davantage le climat de peur.
Face à cette situation, les FARDC affirment avoir intensifié les opérations militaires afin de traquer les auteurs de ces violences et de sécuriser les populations. L’armée appelle également à la vigilance et à la collaboration des habitants pour signaler tout mouvement suspect.
Cependant, au-delà des annonces, la population et les organisations locales attendent des résultats concrets. La répétition des attaques et l’ampleur des pertes humaines posent la question de l’efficacité des dispositifs sécuritaires actuels. Plusieurs observateurs estiment qu’un renforcement durable de la présence militaire, accompagné de mesures de protection des civils et d’une assistance humanitaire urgente, demeure indispensable.
Dans un territoire profondément marqué par l’insécurité, la tragédie de Bafwakoa met en lumière les limites des réponses actuelles face à la menace persistante des groupes armés. Entre bilans divergents et opérations militaires en cours, la population de Mambasa continue de vivre dans l’attente d’un retour réel et durable à la sécurité.
La rédaction

