Ituri – Mambasa : Après le massacre de Bafwakoa, la peur s’installe durablement autour de la réserve des okapis

Mambasa, 5 avril 2026- La situation sécuritaire demeure alarmante après les récentes attaques attribuées aux combattants des Allied Democratic Forces (ADF), dans plusieurs agglomérations du territoire de Mambasa, en Ituri. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase reste l’attaque perpétrée dans le village de Bafwakoa, ayant causé la mort de près de 50 civils, selon des sources locales.

À Salate, le chef du village Mamopi, Humudi Asumani, dresse un tableau inquiétant de la situation. Lors d’un échange avec la presse locale, il affirme que cette attaque a profondément marqué les communautés et ravivé un climat de psychose dans toute la zone.

Selon lui, plusieurs localités riveraines de la Réserve de faune à okapis vivent désormais sous la menace permanente d’incursions armées. Il cite notamment Mamopi, Ebiane ainsi que les villages de Salate 1, Salate 2 et Salate 3, où la peur dicte le quotidien des habitants.

Le chef coutumier explique également que, par crainte de nouvelles attaques nocturnes, de nombreuses familles abandonnent chaque soir leurs habitations pour se réfugier dans la forêt. Une stratégie de survie qui illustre l’ampleur de l’insécurité et la vulnérabilité des populations civiles dans cette zone enclavée sur l’axe Mambasa–Kisangani.

Face à cette situation, Humudi Asumani lance un appel pressant aux responsables de la Réserve de faune à okapis et aux autorités compétentes. Il précise que les communautés locales ne sollicitent pas prioritairement une assistance matérielle, mais exigent plutôt des mesures concrètes pour garantir leur sécurité.

Parmi les recommandations formulées, il insiste sur l’organisation de patrouilles nocturnes régulières par les éco-gardes, entre 19 heures et 1 heure du matin, une période jugée particulièrement exposée aux attaques. Il plaide également pour une présence accrue et coordonnée des forces de sécurité afin de dissuader toute nouvelle incursion.

Selon lui, une présence visible des services de sécurité contribuerait à réduire les risques et à restaurer un minimum de sérénité au sein des villages.

Ces dernières semaines, les attaques des ADF dans les villages de Muchacha, Babesua et Bafwakoa ont fait, au total, plus de 100 morts parmi les civils, un bilan qui alimente l’inquiétude et l’indignation au sein des communautés locales, où plusieurs voix s’élèvent pour exiger des mesures urgentes afin de mettre fin à cette insécurité persistante.

Roger KAKULIRAHI, à Mambasa.

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