Kinshasa, 6 avril 2026- En marge de la célébration du 105e anniversaire du combat du prophète Simon Kimbangu, le Chef de l’État a annoncé, au cours de la cérémonie commémorative du 6 avril 2026, que la cité de Nkamba, siège de l’Église kimbanguiste, est désormais dotée d’un statut spécial de Ville Sainte.
Nkamba franchit un cap historique. Longtemps perçue comme un haut lieu spirituel, la localité accède désormais à une reconnaissance officielle à la hauteur de son influence religieuse.
Pour les fidèles kimbanguistes, ce n’est pas qu’un simple changement administratif. Nkamba, considérée comme la “Nouvelle Jérusalem” incarne le cœur même de leur foi. Sa transformation en Ville Sainte vient ainsi consacrer une réalité spirituelle déjà solidement établie depuis des décennies.
Au-delà du symbole religieux, la décision porte une forte charge politique et identitaire. Elle s’inscrit dans une dynamique de réappropriation du patrimoine spirituel congolais par l’État, qui entend valoriser ses repères historiques et culturels propres.
Le timing n’est pas anodin. Chaque 6 avril ravive la mémoire de l’arrestation, en 1921, de Simon Kimbangu par l’administration coloniale belge, en raison d’un message jugé subversif. Plus d’un siècle après, ce même combat trouve une forme de reconnaissance au sommet de l’État.
Dans cette logique, le président Félix Tshisekedi avait déjà marqué un tournant en décrétant le 6 avril jour férié, chômé et payé. Une décision qui avait élevé cette date au rang de symbole national.
Avec l’élévation de Nkamba, le pouvoir franchit une nouvelle étape. Il ne s’agit plus seulement de commémorer, mais de consacrer durablement un lieu, une mémoire et une identité. Nkamba s’impose désormais non seulement comme un sanctuaire religieux, mais aussi comme un marqueur fort de l’histoire et de la souveraineté culturelle de la République démocratique du Congo.

