RDC : des milliers de survivantes des violences sexuelles restent sans accompagnement, le BCNUDH alerte sur une crise persistante

RDC : des milliers de survivantes des violences sexuelles restent sans accompagnement, le BCNUDH alerte sur une crise persistante

Kinshasa, le 08 avril 2026 – En République démocratique du Congo, des centaines de survivantes de violences sexuelles liées aux conflits demeurent sans véritable accompagnement, malgré l’ampleur du phénomène. Derrière les chiffres, ce sont des vies brisées, souvent livrées à elles-mêmes, que dénonce le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH).

Dans un communiqué publié ce 8 avril 2026, l’organisme onusien met en évidence une crise persistante, où les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme une stratégie de guerre dans plusieurs zones en proie à l’insécurité.

Au cours de l’année 2025, 887 cas ont été documentés, touchant 1 534 victimes. Les femmes et les jeunes filles représentent la majorité des personnes affectées, illustrant leur extrême vulnérabilité dans les contextes de conflit armé.

L’Est du pays, notamment les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, concentre près de 80 % des cas recensés, situation alimentée par la présence active de nombreux groupes armés. Le rapport attribue environ 75 % des violences à ces groupes, parmi lesquels le Mouvement du 23 mars, la Coopérative pour le développement du Congo, les Forces démocratiques de libération du Rwanda, les Forces démocratiques alliées ainsi que les milices Maï-Maï et Wazalendo.

L’implication d’acteurs étatiques reste également préoccupante. Des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo, de la Police nationale congolaise et de l’Agence nationale de renseignements sont cités dans près de 19 % des cas.

Le BCNUDH souligne en particulier la gravité des abus, notamment les cas d’esclavage sexuel, où des femmes et des filles sont détenues et soumises à des violences répétées dans des conditions inhumaines. Les conséquences vont au-delà des victimes directes : les enfants nés de ces violences font face à des difficultés d’intégration, souvent rejetés et privés d’identité légale, ce qui les expose à de nouveaux risques.

Malgré l’ampleur du phénomène, la réponse reste insuffisante. Si une majorité des survivantes accède à des soins médicaux d’urgence, seule une infime partie bénéficie d’un accompagnement complet.

Face à cette réalité, le BCNUDH appelle à une action urgente : lutter contre l’impunité, renforcer la prise en charge globale des victimes et garantir la protection des populations civiles.

Rédaction

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