Kinshasa, 9 avril 2026- La récente prise de position du Rwanda, évoquant des propos attribués à Constant Mutamba comme justification de sa condamnation, continue de faire réagir en République démocratique du Congo. Cette déclaration, intervenue en marge de la 32ᵉ commémoration du génocide des Tutsi au Rwanda, alimente un débat politique et social déjà tendu.
Selon les autorités rwandaises, Constant Mutamba aurait tenu des propos incitant les Congolais à s’en prendre aux communautés tutsi vivant en RDC. Une accusation grave qui, si elle était avérée, pourrait expliquer la fermeté affichée par Kigali.
Cependant, cette sortie suscite des interrogations au sein de l’opinion congolaise, notamment en ce qui concerne le timing. En effet, elle intervient au lendemain d’une mobilisation populaire marquée par des appels à la libération de l’homme politique congolais.
Un observateur de la scène politique congolaise, ayant requis l’anonymat, s’interroge.
“Cette accusation soulève des questions légitimes. Pourquoi le Rwanda choisit-il de s’exprimer précisément à ce moment, alors que la pression populaire en RDC s’intensifie en faveur de Constant Mutamba ?”
Dans plusieurs cercles politiques et citoyens, certains y voient une tentative d’influencer l’opinion ou de peser sur les décisions des autorités congolaises.
“Il est difficile d’ignorer la coïncidence entre cette déclaration et les appels du peuple congolais demandant au Chef de l’État d’intervenir. Cela peut être perçu comme une volonté de renforcer la légitimité de la condamnation”
Sur les réseaux sociaux et dans certains rassemblements, des voix s’élèvent pour réclamer la libération de Constant Mutamba, appelant directement le président Félix Tshisekedi à agir.
“Fatshi béton, libérez Mutamba. Répondez à l’appel du peuple qui vous demande de libérer son fils, Constant Mutamba. Ne prêtez pas le flanc à ceux qui se réjouissent de sa condamnation”, peut-on lire dans plusieurs messages relayés en ligne.
Alors que les tensions régionales entre Kinshasa et Kigali restent vives, cette affaire pourrait davantage compliquer les relations diplomatiques déjà fragiles entre les deux pays.

